Luxleaks : la France soutient seulement Antoine Deltour

Michel Sapin, ministre des Finances, a soutenu et proposé l’aide de la France au lanceur d’alerte Antoine Deltour, poursuivi au Luxembourg dans le cadre du procès Luxleaks. Devant l’Assemblée nationale, Michel Sapin n’a pas fait mention des deux autres Français inculpés.

Sous les applaudissements des députés, Michel Sapin a déclaré que la France était solidaire avec le lanceur d’alerte Antoine Deltour. Le ministre des Finances a même proposé l’aide de l’Hexagone. Pour que ces belles déclarations dépassent les murs de l’Assemblée nationale, l’ambassadeur de France au Luxembourg et le consulat général ont été missionnés. Ils traduiront, au sein du Grand-Duché, cette main tendue à l’ancien auditeur du cabinet PricewaterhouseCoopers (PwC).

Antoine Deltour a divulgué des accords fiscaux — obtenus quand il était chez PwC — entre de grandes multinationales et le gouvernement luxembourgeois, à l’époque où Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, était Premier ministre du Luxembourg (1995–2013). Appelés “tax-ruling”, ces documents secrets actent un rabais fiscal accordé légalement par le Grand-Duché. Le tribunal correctionnel du Luxembourg le poursuit pour cette raison. Il risque jusqu’à cinq ans de prison et 1,25 million d’euros d’amende.

Deux autres Français, dont le journaliste de « Cash Investigation » Edouard Perrin, comparaissent dans le cadre du procès Luxleaks. Pourtant, le ministre des Finances n’a pas fait mention d’eux devant les députés. Pas de soutien, de solidarité ou d’aide pour les deux Français qui risquent pourtant jusqu’à 10 ans d’emprisonnement. Verdict le 4 mai.