États-Unis/Union Européenne : deux assiettes discordantes

Le traité transatlantique de libre-échange (TAFTA) vise à harmoniser les barrières hors-tarifaires dans une dizaine de secteurs, dont l’agroalimentaire. Américains comme Européens cherchent à imposer leurs propres normes. De nombreuses différences existent en effet entre les deux réglementations et donc entre  les assiette européenne et américaine.

« À quelle sauce allons-nous être mangés ? » C’est la question que pose l’organisation de défense des consommateurs Foodwatch, en marge du 13e cycle des négociations sur le Tafta, qui ont lieu depuis lundi 25 avril à New York. L’organisation estime qu’en voulant supprimer les obstacles pour les entreprises, il portera inévitablement atteinte aux droits de la consommation.

L’un des principaux points d’inquiétudes soulevées par l’éventuel signature du Tafta en matière d’agroalimentaire concerne le principe de précaution. Il oblige les entreprises à prouver qu’un aliment est inoffensif pour le consommateur avant de pouvoir le commercialiser. Un principe qui a conduit l’Union Européenne à interdire le boeuf aux hormones de croissance, le porc à la ractopamine, ou encore les organismes génétiquement modifiés (OGM). Or, ce principe n’existe pas dans la législation américaine. De nombreux produits utilisés aux États-Unis sont donc interdits en Europe. C’est notamment le cas de 82 insecticides employés outre-Atlantique. Autre objet de craintes pour les agriculteurs européens : les indications géographiques protégées (dont les AOC françaises) censées protéger les productions pourraient être menacées par le Tafta.

Top 5 b

Du côté américain, d’autres critères sanitaires s’appliquent dans l’autorisation de commercialiser certains produits.  De nombreux produits commercialisés en Europe sont ainsi proscrits, ou interdits à la vente sur le territoire américain.

  • La mimolette : la mimolette, produite dans le nord de la France, est considérée comme « inadaptée » et n’est pas autorisée aux Etats-Unis, à cause des acariens microscopiques, qui forment sa célèbre croûte.
  • Le Kinder Surprise : cet oeuf en chocolat est interdit de l’autre côté de l’Atlantique et une amende de 2 500 dollars est même prévue pour ceux qui souhaiteraient en ramener. La présence d’un ingrédient qui ne se mange pas, la surprise, justifie l’interdiction.
  • La viande de cheval : depuis 2007, abattre un cheval dans le but de le consommer est interdit aux Etats-Unis. Deux Etats, la Californie et l’Illinois, sont même allés plus loin et ont interdit leur consommation. De quoi éviter tout scandale sur la viande de cheval.
  • Le lait cru : en raison des potentiels bactéries qu’il contient, sa vente est interdite de l’autre côté de l’Atlantique. Par ricochet, ses dérivés sont également proscrits. Impossible, par exemple, de trouver du roquefort dans les supermarchés.
  • L’absinthe : récemment autorisé en France, l’alcool à minimum 40% ne passe pas les douanes américaines. Impossible d’apporter l’« alcool qui rend fou » aux apéros.
  • Le « haggis » : c’est une spécialité écossaise. La panse de brebis farcie est même le plat traditionnel lors de la fête national du 25 janvier. Pas du goût des Américains, visiblement.