Les grandes lignes de la mobilisation contre la loi El Khomri

Pour la quatrième fois en deux mois, sept syndicats de salariés et d'étudiants manifestent à Paris et en régions, à quelques jours du début du débat parlementaire, fixé au 3 mai.

L’intersyndicale (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, Fidl, UNL) a appelé mercredi27 avril à manifester une nouvelle fois contre la loi Travail. A Paris, le cortège partira de Denfert-Rochereau à 14 heures et se dirigera vers la place de la place de la Nation.

Mot d’ordre : le retrait pur et simple d’une réforme perçue comme trop favorable aux employeurs et facteur de précarité pour les salariés, notamment les jeunes. Si le texte de Myriam El Khomri n’est pas rejeté, ses opposants ont déjà prévu une nouvelle journée de grève le 3 mai prochain.

Ce texte vise à donner plus de souplesse aux entreprises, notamment en matière d’aménagement du temps de travail, et à clarifier les règles de licenciement économique. Il a déjà subi des modifications. Le gouvernement a notamment reculé sur le plafond des indemnités prud’homales. Mais pour les syndicats il reste une “ligne rouge” : “l’inversion de la hiérarchie des normes” permettant à un accord d’entreprise de primer sur un accord de branche même s’il est moins favorable.

Vers une alliance entre Nuit Debout et les syndicats?

La contestation a commencé le 9 mars. Elle a repris le 31 mars, où les défilés avaient réuni 390 000 personnes en France selon les autorités, 1,2 million selon les organisateurs. Le mouvement Nuit debout continue d’occuper la place de la République à Paris et pourrait se joindre aux défilés ce jeudi. Des représentants du mouvement, qui souhaite éviter toute récupération politique, ont rencontré ce matin les syndicats. Une nouvelle rencontre est prévue ce soir, en prévision — peut-être- d’une alliance le 1er mai.

Les intermittents qui négocient l’avenir de leur régime d’indemnisation chômage, font désormais partie des mécontents. Présents depuis lundi au théâtre de l’Odéon à Paris, ils ont étendu leur mouvement d’occupation des salles à Strasbourg, Montpellier, Lille, Bordeaux et Caen.

Des arrêts de travail sont aussi prévus dans les transports mais ils devraient être assez limités : seul l’aéroport d’Orly a annoncé que 20% des vols seraient annulés.