Luxleaks : un troisième jour favorable aux accusés

Le procès du scandale dit des Luxleaks devant la justice du Luxembourg, continue. L’audition des témoins s’est poursuivie, notamment celle du commissaire de police chargé de l’enquête et celle de Sven Giegold, député européen travaillant à la commission TAXE, créée après Luxleaks.

L’audience aura duré moins de deux heures. Pourtant, en ce troisième jour du procès de l’affaire Luxleaks, qui se tient au Luxembourg depuis mardi 26 avril, les accusés ont pu compter sur un soutien de poids. Le député européen et membre de la commission TAXE — la commission spéciale sur les rescrits fiscaux du Parlement européen, Sven Giegold, a défendu l’action des lanceurs d’alerte devant le tribunal.

Le député européen s’est également attaqué au système d’optimisation fiscale révélé par Luxleaks.

Antoine Deltour taxé d’« anticapitaliste »

La veille, le lanceur d’alerte de l’affaire LuxLeaks Antoine Deltour, accusé d’avoir volé des centaines d’accords fiscaux secrets avant sa démission du cabinet d’audit PwC, en octobre 2010, avait été qualifié d’« anticapitaliste » par le commissaire de police luxembourgeois Roger Hayard.

Sur son profil Facebook, Antoine Deltour y déclarait « avoir du mal à accepter que le commun des mortels » ne puisse pas échapper à l’impôt comme le font les grosses multinationales. Par ailleurs, le commissaire a déclaré que le lanceur d’alerte était abonné à des newsletters des Verts et « suivait l’actualité du site Mediapart », dont le directeur Edwy Plenel est un « personnage qui a publié des articles qui condamnent la place financière » luxembourgeoise, déclenchant des rires dans la salle.

Louise Fetet, sa compagne l’a défendu ainsi :

Le travail de la police mis en doute

Roger Hayard a été chargé de l’enquête sur les accusés de LuxLeaks. Le commissaire a dû cependant se défendre car il est accusé de s’être basé sur une enquête privée menée par le cabinet PricewaterhouseCooper (PwC). Le policier a également pris soin de prévenir le cabinet d’audit avant ses perquisitions.

Pour sa défense, Roger Hayard a répondu :

Edouard Perrin continue à protéger ses sources

De son côté, le journaliste français de « Cash Investigation », Edouard Perrin, a refusé de collaborer, en faisant valoir son droit de protéger ses sources, pourtant connues.

Pour le commissaire Hayard, le journaliste « n’a pas vraiment cherché à protéger ses sources », la publication des documents permettant au contraire « d’identifier les auteurs du vol ». Selon lui, le journaliste a fait prendre le risque à deux personnes d’être licenciées « pour dénoncer des conventions fiscales peut-être douteuses moralement, mais en parfaite harmonie avec les lois du pays ».