Manifestations et réseaux sociaux : comment échapper aux manipulations

Depuis le début des manifestations contre la loi El Khomri, les hoax (canular en français) pullulent sur les réseaux sociaux. Sur Twitter, hommes politiques et simples citoyens diffusent des images (souvent violentes) d’évènements qui n’ont rien à voir avec ceux décrits. Retour sur les arnaques virtuelles de ces derniers jours et les moyens de les éviter.

Jeudi 28 avril, en marge des manifestations contre la loi El Khomri, 24 policiers ont été blessés lors de heurts avec des casseurs. Le conseiller régional d’Ile-de-France Front national, Wallerand de Saint-Just, a souhaité réagir à ces violences dans un tweet.

Entre jeudi soir et vendredi matin, le cliché a été retwitté plus de 100 fois et « liké » par 80 personnes. La photo montre un homme à terre, le visage ensanglanté, habillé d’un gilet de la police.

Mais ce cliché ne date pas d’hier, comme l’ont remarqué des internautes. Il s’agit en réalité d’une photographie prise en février 2014 lors de manifestations en Thaïlande et diffusée alors par l’agence Reuters.

Tout comme Wallerand de Saint-Just, un autre internaute avait utilisé la même image pour illustrer les débordements des manifestations contre la loi El Khomri, comme le relate France Info. Le risque d’une telle pratique sur les réseaux sociaux : rendre virale, et vraisemblable pour certains internautes, une information fausse.

Comment ne pas tomber dans le piège ?

Les violences en marge des manifestations contre la loi Travail ne sont qu’un exemple. Après les attentats de Paris ou ceux de Bruxelles, de nombreux hoax (canulars), fausses images ou vidéos, avaient pollué la toile. Pour les éviter, il suffit de :

  • Se poser les bonnes questions

Avant de retwitter ou partager frénétiquement une photo, il y a quelques réflexes à adopter : qui est la source ? quand a été publiée la photo ? où ? pourquoi ?

Ainsi, on apprendra à faire davantage confiance à une agence de presse (AFP, AP, Reuters…) et aux grands médias (même s’ils ont parfois eux-même relayé des informations qu’ils ont démenti plus tard) plutôt qu’à un inconnu. Surtout, si au moins deux sources fiables diffusent la même information et permettent de la « recouper ».

  • Faire une recherche inversée sur Google

Si le doute persiste, rien de plus simple que d’utiliser la recherche inversée. Prenons l’exemple de cette image qui a été relayée par certains médias après l’attaque terroriste dans le métro bruxellois, le 22 mars dernier. Est-elle fiable ? Pour le vérifier, ouvrez l’image dans un nouvel onglet, copiez son URL, puis collez-la dans la cartouche de « recherche inversée » de Google.

Capture d’écran 2016-04-29 à 14.38.48. Capture d’écran 2016-04-29 à 14.37.40

Une liste de résultats apparaît et donne les détails de la photo. On se rend compte qu’elle est déjà apparue dans une série d’articles… dès 2004. Il s’agit vraisemblablement d’une photo des attentats dans le métro de Madrid, perpétrés cette même année.

Capture d’écran 2016-04-29 à 14.39.42

Pensez aussi à « checker » de temps en temps le fil d’actualité Twitter du hashtag #unjourunfake — pour les internautes francophones. Pour ceux qui veulent devenir infaillibles sur la question, ce site (en anglais), donne tous les outils à connaître pour débusquer les pièges :

http://firstdraftnews.com/are-you-a-journalist-download-this-free-guide-for-verifying-photos-and-videos/