La situation syrienne devient « hors de contrôle »

L’état de la Syrie, enlisée dans un conflit entre forces gouvernementales et rebelles depuis 2011, inquiète le secrétaire d’Etat américain John Kerry, en visite à Genève.

D’après le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, qui s’exprimait depuis Genève lundi, « le conflit devient à bien des égards hors de contrôle ». Les récentes frappes du régime du président syrien Bachar Al‐Assad, notamment sur la ville d’Alep, ont mis en échec le cessez‐le‐feu du 27 février. Il était coparrainé par les Etats‐Unis et la Russie, mais les deux parties peinent à s’entendre. Une difficulté supplémentaire pour obtenir des « avancées » selon l’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura.

John Kerry souhaitait sauver cette trêve, essentielle dans un pays plongé depuis cinq ans dans une guerre civile meurtrière et directement menacé par les groupes djihadistes comme Daech ou Al‐Nosra, qui ne font pas partie des négociations. Après sa rencontre avec Staffan de Mistura, il a promis de joindre Sergueï Lavrov, son homologue russe afin de faire pression pour un rétablissement du cessez‐le‐feu.

Reprise des violences à Alep

La nuit dernière, de nouveaux affrontements entre les forces gouvernementales et les rebelles syriens se sont déclenchés dans la ville d’Alep, deuxième plus importante de Syrie. Une situation que le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al‐Jubeir, qualifie de « honte ». « C’est une violation du droit humanitaire. C’est un crime », a‐t‐il déploré avant son entrevue avec John Kerry.

Depuis le 22 avril, les violences ont repris dans cette ville du nord‐ouest de la Syrie. En dix jours, les raids de l’aviation du régime ont déjà tué 250 civils. Parmi eux, une cinquantaine d’enfants.

La Russie dit pourtant être en négociation avec le régime de Bachar Al‐Assad, dont elle est alliée. Moscou veut parvenir à une suspension des combats à Alep et a fait savoir hier que des « négociations actives » pour y parvenir étaient en cours. De leurs côtés, les Etats‐Unis avait aussi lancé un appel pour l’arrêt des bombardements du gouvernement sur la partie d’Alep tenue par les rebelles.

Staffan de Mistura réclame une « revitalisation » du cessez‐le‐feu, avec l’aide de Washington et de Moscou, et espère lancer un quatrième round de pourparlers en mai. Lors du troisième, les représentants de l’opposition avaient quitté la table des négociations pour protester contre les violations de la trêve commises par le régime et la dégradation de la situation humanitaire.