Nuit Debout devant l’Assemblée Nationale, contre la loi Travail

Quelques dizaines de militants issus du mouvement Nuit Debout se sont réunis mardi matin devant l’Assemblée nationale pour protester contre le projet de loi Travail, dont les débats reprennent aujourd'hui. Délogés par les forces de l’ordre, ils ont rejoint les étudiants et les syndicalistes à midi. Nous étions sur place.

“Si t’es contre la loi Travail tape dans tes mains !” C’est au rythme des slogans égrenés depuis des semaines sur la place de la République qu’un quarantaine de militants Nuit Debout s’est rassemblé mardi matin devant l’Assemblée nationale. « C’était la Nuit Debout la plus calme que j’ai vu hier à République, glisse un observateur posté devant le groupe. Ils ont pris des forces pour aujourd’hui. »
Ce matin, c’est jour de reprise des débats entre les parlementaires sur la loi Travail. Quelques heures auparavant, la ministre du Travail Myriam El Khomri a balayé la possibilité de recourir au 49–3 pour faire passer sa loi en force, dans une interview accordée au Parisien. Les militants dénoncent une loi favorisant le patronat et restreignant les droits salariaux. Après s’être fait déloger du trottoir situé en face du Palais Bourbon, la quarantaine d’activistes se retrouve cernée par des cohortes de policiers entre les arbres qui jouxtent l’Assemblée. Statiques, les manifestants tentent d’interpeller tout passant qui ressemble de près ou de loin à un député. “Madame l’assistante parlementaire ! Madame ! Vous allez à l’Assemblée ?”, lance un jeune, longue queue de cheval sur la nuque. “Démocratie, t’es où ?”, est inscrit noir sur blanc sur sa pancarte.

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La mobilisation est suivie en direct sur les réseaux sociaux Periscope, Twitter et Snapchat. De quoi dissuader la police d’intervenir trop violemment, au vu des récentes polémiques, se disent les militants. L’un deux, affublé d’un brassard de syndicaliste déchiqueté, se plaint de “coups de chenille”. « Alors que j’étais dans la non-violence », ajoute-t-il. Une vieille dame interpelle les manifestants dans la rue : « Mais vous faites quoi, au juste ? » « On manifeste, mais mi-autonome, mi-encadrés par la police », rétorque une militante, en jetant un coup d’oeil aux CRS qui les encadrent.

Pour faciliter la compréhension entre ses membres, les militants adoptent un langage des signes déjà expérimenté à République. À un croisement, un des leaders joint ses mains pour former un triangle, et indique ainsi à ses poursuivants qu’il faut s’arrêter, à la manière des warning dans une file de voitures sur l’autoroute.

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En fin de matinée, le groupe se divise. « Ceux qui veulent aller faire le debrief action (sic) à République, c’est à gauche. Ceux qui veulent aller manifester à Montparnasse, c’est à droite. » « Manif ! » reprend en chœur les deux tiers de l’assemblée. Le cortège des étudiants s’élance au même moment, à 11h, dans le XVIème arrondissement. Tous se réuniront sur l’esplanade des Invalides vers 12h, syndicalistes et nuit-deboutistes compris, pour manifester contre le projet de loi Travail. Sur le quai du métro Solférino, une poignée d’irréductibles ne baisse pas les bras, et répète inlassablement : « Nuit Debout, c’est marche ou crève ! ».