Pourquoi on aime le sacre de Leicester

Hier soir, sans même jouer, Leicester est devenu champion à l’issue du match de nul de Tottenham, 2ème, à Chelsea. Un évènement en Premier League, où les Foxes n’étaient absolument pas attendus. Pour le plus grand bonheur des supporters, mais aussi des amoureux de football.

  • Parce que ses joueurs (et leur coach) sont attachants

Vardy, Mahrez, Ranieri… les trois hommes du titre collectionnent les anecdotes qui les rendent fascinants. Et proches de nous. Vardy, cette petite frappe anglaise passé par la prison, au look de joueur amateur tout droit sorti des bas-fonds du foot britannique, devenu un des premiers choix du sélectionneur anglais pour l’Euro. Mahrez, l’algérien refusé par l’OM, ayant fait ses classes au Havre et élu meilleur joueur de Premier League pour son pied gauche exceptionnel. Le néo-Bleu Kanté, le milieu récupérateur, déclaré surcôté en France, qui s’est époumoné chaque week-end sur les pelouses anglaises, si bien que son coach lui demandait de se calmer à l’entraînement. Enfin, justement, l’entraîneur Claudio Ranieri, qui, le jour du sacre, avait décidé de faire l’aller-retour Angleterre-Italie pour déjeuner avec sa “mamma” de 96 ans à Rome.

Comme une bande d’amis qui se serait réunie devant un bon match de foot, Christian Fuchs a immortalisé le moment où les Foxes savaient qu’ils seraient champions :

  • Parce que son style de jeu est typiquement anglais

Ranieri a posé les jalons d’un 4–4‑2 qui a ravi la presse et le public du pays de Sa Majesté. Deux lignes de 4, solides défensivement, portée par une paire de centraux rugueux dans les duels (Wes Morgan et Robert Huth). Des milieux discrets, pas spécialement techniques mais travailleurs, qui ne rechignent pas dans l’effort (Albrighton, Drinkwater ou Kanté). Des attaquants dans la même veine (Okazaki, Ulloa), mais surtout deux talents singuliers devant, parfaitement complémentaires : Vardy et Mahrez. Deux flèches sur lesquelles les milieux ont balancé toute la saison, avec succès. En somme, une équipe de contre très physique, pas forcément belle, mais emballante, à l’efficacité offensive redoutable. Dans le onze titulaire : beaucoup d’Anglais ou de joueurs rompus à la Premier League, championnat auquel on reproche souvent d’avoir trop d’internationaux. Forcément, ça plaît outre-Manche. Pour le match du titre, contre Manchester (1–1), les joueurs ont pu faire le tour du terrain pour se faire ovationner par les spectateurs d’Old Trafford.

  • Parce qu’ils viennent de nulle part

Honnêtement, qui voyait Leicester soulever le trophée à la couronne au début de la saison ?

Sûrement pas Michael Owen. L’ancien international anglais prédisait leur relégation en deuxième division :

Même les éditorialistes du Guardian Sport, le journal de référence en Angleterre, les voyaient en bas du classement :

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Le joueur le plus cher de l’effectif ? Okazaki, 10,5M€. Insignifiant par rapport à ceux des stars des grosses écuries anglaises. Le meilleur joueur de la saison, Riyad Mahrez, n’a coûté qu’un demi-million d’euros. Le meilleur buteur, Vardy ? 1,2M€. Un recrutement exceptionnel qui participe de l’aura de Leicester cette saison.

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Qui dit surprise, dit pari improbable à la clé. Leigh Herbert, un charpentier de 39 ans, a parié 5 livres en août 2015 sur le titre de Leicester. Avec une côte de… 5000 contre 1, l’anglais a touché près de 25.000£ (30.000€) hier soir. Jackpot.