Primaires de l’Indiana: la dernière chance du « tout sauf Trump »

Dans la course à l’investiture républicaine, le vote de l’Indiana aujourd’hui pourrait mettre un coup d’arrêt à la coalition anti-Trump. Si le milliardaire gagne, le retard de ses concurrents semble irrattrapable.

S’il gagne dans l’Indiana, « la partie est finie ». Cette parole apocalyptique sur Fox News est celle d’Alfonse D’Amato, ancien sénateur républicain de New York et soutien de John Kasich dans la primaire républicaine. Et le « il » qui affole tant, c’est Donald Trump. Dans cet Etat du Midwest qui vote aujourd’hui, comme les autres, c’est la règle du « winner takes all » qui s’applique. En d’autres termes, celui qui a la majorité simple remporte tous les délégués de l’Etat — 57 pour l’Indiana.

L’enjeu pour le milliardaire new-yorkais est d’obtenir la majorité absolue des délégués avant la convention de juillet qui se tiendra à Cleveland. Soit 1 237 délégués, qui lui attribueraient directement l’investiture républicaine. Mais ses opposants manigancent pour lui faire barrage. Voyant Donald Trump prendre le large — il caracole actuellement en tête avec 954 délégués — le sénateur du Texas Ted Cruz et le gouverneur de l’Ohio John Kasich ont monté une coalition. L’accord, conclu le 24 avril, vise à empêcher l’éparpillement des voix anti-Trump. Prenant en considération les chances de chacun de battre Trump, John Kasich a accepté de laisser Ted Cruz faire campagne seul dans l’Indiana. En échange, il aura le champ libre dans l’Oregon le 17 mai et le Nouveau Mexique le 7 juin. L’objectif est d’aboutir à une convention « disputée », c’est-à-dire à une absence de majorité absolue au premier tour. Les délégués voteraient ensuite autant de fois que nécessaire pour désigner leur candidat.

Sauf que l’avance de Trump en nombre de délégués est telle que l’on voit difficilement comment il pourrait ne pas arriver au seuil fatidique des 1 237. Il a gagné la semaine passée dans cinq Etats (Maryland, Pennsylvanie, Delaware, Connecticut, Rhode Island). Et parfois avec des marges impressionnantes. Il ne lui manque plus que 283 délégués pour accéder au Graal de la majorité absolue. Dans les sondages, Trump est crédité de 49%, contre 34% pour Ted Cruz dans l’Indiana. Et un enjeu important arrive le 7 juin, jour où six Etats se rendront aux urnes. Dans la ligne de mire des candidats, la Californie, où 172 délégués restent à attribuer. Un nouveau sondage Survey USA en Californie accorde 54% des voix à Trump, contre 20% pour Ted Cruz.

L’investiture de Donald Trump comme candidat des Républicains semble donc inéluctable. Le milliardaire a d’ailleurs pris les devants dans la ville de Terre-Haute le 1er mai: « Si on gagne dans l’Indiana, c’est fini ».