Migrants : évacuation du lycée Jean‐Jaurès à Paris

Les migrants disposaient de 72 heures pour quitter le lycée Jean-Jaurès après un jugement du tribunal administratif de Paris. Le délai a pris fin ce matin, mais les migrants étaient toujours là.

C’est la deuxième évacuation cette semaine à Paris après celle de la station de métro Stalingrad lundi. Dans la matinée du mercredi 4 mai, environ 300 migrants ont été pris en charge par les services de police. Ils logeaient dans un lycée en travaux du XIXème arrondissement, le lycée Jean‐Jaurès. Le tribunal administratif de Paris, saisi par le conseil régional d’Ile-de-France, avait ordonné l’évacuation des lieux le 29 avril. La justice avait néanmoins laissé un délai de grâce de 72 heures aux locataires éphémères de ce bâtiment désaffecté. Une fois le délai écoulé, les forces de l’ordre se réservaient le droit d’intervenir.

Les migrants étaient, pour la plupart, originaires du campement sauvage installé sous le métro aérien à la station Stalingrad, démantelé une seconde fois lundi matin. 1 600 migrants avaient alors été délogés, une évacuation record dans Paris. Environ 150 migrants afghans, yéménites, soudanais, somaliens ou encore érythréens s’étaient déjà déplacés vers le lycée Jean‐Jaurès dans la nuit du 21 au 22 avril.

Le collectif La Chapelle debout ! a fait état de la présence de nombreuses femmes avec enfants et s’est inquiété du manque de places en hébergement à Paris.

Soutien de manifestants et heurts avec la police

Des dizaines de manifestants, des riverains mais aussi des membres du mouvement citoyen Nuit debout se sont déplacés dès l’aube pour afficher leur soutien aux migrants. Ils ont formé une chaîne humaine afin d’empêcher la police de pénétrer dans le lycée.

Mais vers 6h20, la situation dégénère. Les policiers utilisent du gaz lacrymogène contre les manifestants. En réaction, ces derniers, parfois cagoulés ou masqués, lancent des projectiles sur les CRS. Selon l’AFP, quelques‐uns crient “Tout le monde déteste la police”. D’autres, assis sur la chaussée, en face‐à‐face avec les équipes de police, scandent “Solidarité avec les réfugiés”. En tout, l’opération a duré une dizaine de minutes.

Une “violence injustifiée” selon le coordinateur du Parti de gauche, Eric Coquerel. “Ce lycée est vide et ne sert à rien. Ces personnes sont mieux ici que dans la rue”, a‐t‐il confié sur place. Les élus Front de gauche de la capitale ont quant à eux condamné “fermement” l’intervention des forces de l’ordre et ont demandé au préfet de “renouer le contact avec la Ville de Paris pour éviter à l’avenir ces opérations lamentables, violentes et dépourvues de tout accompagnement social”.

Après les heurts, le calme. En fin de matinée, des manifestants tentent d’entrer dans le lycée pour s’entretenir avec les forces de l’ordre. Plusieurs bus finissent par quitter les lieux, avec à leur bord les migrants, dirigés vers des centres d’hébergement. Ils bénéficieront d’un hébergement d’urgence dès aujourd’hui, selon le préfet de police de Paris qui s’exprimait sur France Info.