Primaire à droite : pas de vote électronique pour les Français de l’étranger

Le bureau politique du parti Les Républicains a modifié hier soir les règles de la primaire, excluant la possibilité d’un vote par voie électronique pour les Français de l’étranger. La décision, initiée par les sarkozystes, a provoqué des remous au sein de la droite.

Les Français résidant à l’étranger devront finalement se rendre dans des bureaux de vote lors de la primaire de droite, qui se tiendra en novembre. Le bureau politique du parti Les Républicains a décidé mardi 3 mai, sur proposition de son président, Nicolas Sarkozy, de ne pas organiser de vote par voie électronique pour les citoyens vivant hors de l’Hexagone. Une décision approuvée par « les 47 membres du bureau politique [l’instance dirigeante du parti], moins 4 voix », selon un communiqué de LR, mais aussitôt dénoncée par plusieurs candidats à ce scrutin. Ces derniers ont saisi la Haute autorité chargée du bon déroulement de la primaire, qui a contesté la décision.

Dans son communiqué, elle explique les difficultés de l’organisation d’un vote à l’étranger : elle demande le respect des règles de droit du pays concerné et est également contrainte par des “nécessités d’ordre matériel”. L’instance craint aussi que l’organisation du scrutin ne soit pas réalisable, à cause de l’impossibilité d’installer des bureaux de vote dans les postes diplomatiques et consulaires. Cela risque de conduire, selon elle, « à ce que les Français établis dans des Etats qui interdisent l’organisation de scrutins à caractère politique hors des postes diplomatiques de l’Etat concerné ne puissent prendre part au vote ». Plusieurs raisons qui avaient poussé la Haute autorité à étudier l’option d’un vote par voie électronique.

Autre réponse de l’instance, présidée par la juriste Anne Levade : elle « recommande » que le bureau politique de LR soit de nouveau saisi « des propositions de modifications de la charte de la primaire permettant un vote effectif des Français établis hors de France ».

Des désaccords internes au parti

A l’intérieur même du parti de Nicolas Sarkozy, des voix dissidentes se sont fait entendre. A commencer par François Fillon, qui a rappelé que « la charte des primaires, acceptée par les candidats déclarés et la direction des Républicains, s’impose à tous ». « Aucune modification des règles de vote ne saurait être adoptée sans consultation de la Haute autorité de la primaire. Les Français de l’étranger doivent avoir la possibilité de voter à la primaire dans des conditions qui respectent la spécificité de leur territoire de résidence », a souligné l’ancien Premier ministre, avant d’ajouter : « Je défendrai le droit des Français de l’étranger à s’exprimer dans cette consultation démocratique. Il en va de l’égalité entre tous les Français ».

De son côté, le député des Français de l’étranger, Frédéric Lefebvre, s’est indigné de ce changement de règle « en cours de route ». Il a reproché à Nicolas Sarkozy, d’avoir interdit « de fait, le droit de vote à de nombreux Français de l’étranger ».

L’ancien Président justifie cette décision : selon lui, recourir au vote par voie électronique aurait constitué une inégalité entre les votants présents sur le territoire et les autres. Mais elle fait d’autant plus débat qu’elle a été prise sans réelle opposition : Alain Juppé, François Fillon, Bruno Le Maire ou encore Jean-François Copé, tous déclarés candidats à la primaire, étaient absents au moment du vote.