Primaires américaines : victorieux, Donald Trump cherche l’apaisement

Le retrait de Ted Cruz, son principal concurrent, laisse la voie libre au milliardaire, plus apaisé après sa victoire indiscutable mardi dans l’Indiana.

Donald Trump peut savourer son succès. Le milliardaire new-yorkais se rapproche de jour en jour de l’investiture du Parti républicain pour l’élection présidentielle américaine du 8 novembre 2016. Mardi 3 mai, dans l’Etat de l’Indiana où 57 délégués étaient en jeu, il a remporté une victoire indiscutable en recueillant 53% des voix. Ce triomphe a même poussé son plus sérieux rival, le sénateur du Texas Ted Cruz, qui n’a obtenu que 37% des suffrages, à abandonner la course à l’investiture. Il a déclaré qu’il ne voyait plus de « voie viable vers la victoire ».

Juste après l’annonce des résultats, lors d’un discours prononcé depuis sa « Trump Tower » de Manhattan, le vainqueur de la soirée a qualifié sa victoire « d’extraordinaire ». Plus surprenant, il a rendu hommage à Ted Cruz, un « adversaire coriace », au « grand avenir ». « Je ne sais pas s’il m’apprécie ou pas mais c’est un sacré compétiteur. Il est dur et déterminé », a‑t-il ajouté. Il y a à peine un mois, lors d’un meeting à New York, il le qualifiait pourtant de « menteur ».

La victoire d’hier amène Donald Trump à revoir sa stratégie de communication. Hier soir, il s’est efforcé d’apparaître comme calme et présidentiable, par rapport aux polémiques multiples qui ponctuèrent sa campagne ces dernières semaines. Il a même lancé un appel à l’unité du parti. Son unique cible ? Hillary Clinton, la candidate démocrate la mieux placée chez les démocrates : « Nous allons désormais combattre Hillary Clinton, elle ne sera pas une grande, une bonne présidente mais une mauvaise présidente. Elle ne comprend rien au commerce ».

Unité derrière Trump

Dans un désir de rassemblement, l’homme d’affaires reçu un soutien de poids. Le chef du Parti républicain, Reince Priebus, a laconiquement appelé sur Twitter à se rassembler derrière lui : « Donald Trump sera le probable nominé républicain, nous devons tous nous unir pour battre Hillary Clinton ».

Malgré cette accalmie soudaine, le chemin reste encore long vers la Maison Blanche. Si l’establishment du Grand Old Party s’est résolu tant bien que mal à se ranger derrière lui, Donald Trump doit faire face à un plus gros défi : convaincre les Américains. Derrière son slogan « Make America great again », il assène son discours protectionniste et volontariste en matière d’économie, tout en tendant la main vers les minorités. « Les Hispaniques veulent des jobs, les Afro-américains veulent des jobs. On va faire revenir les jobs et faire en sorte qu’ils restent chez nous », a‑t-il promis en conclusion.

Un moyen de redorer son image et de grignoter l’avance d’Hillary Clinton au sein de l’électorat noir et latino. Un défi de taille — encore un — pour Donald Trump. Mais pour un candidat qui élimine depuis dix mois une quinzaine de candidats plus favoris les uns que les autres, rien ne semble impossible.