Seule la pluie pourrait sauver Fort McMurray

Depuis six jours, la cité pétrolière de Fort McMurray au Canada s’est transformée en ville fantôme à cause d’un incendie spectaculaire. Mais le feu reste indomptable, la pluie est leur principal espoir.

Ils sont près de 1 100 pompiers et 125 hélicoptères mobilisés pour combattre le feu le plus dévastateur de l’histoire du Canada. Un incendie d’une ampleur dantesque, que rien ni personne ne semble pouvoir arrêter. Les techniques utilisées habituellement n’y font rien.

“Notre équipe a pris son premier repos en revenant du brasier hier soir” (Pompiers de Strathcona)

“Soyons clairs, les canaders ne vont pas arrêter ce feu,” raconte Chad Morrison, responsable du service incendie et secours au Canada, à CBC News. “C’est un feu extrême. Cela va persister grâce à la sécheresse, jusqu’à ce que une vraie pluie significative nous aide.”

Généralement, pour mettre fin à un feu, il faut briser un de ses trois piliers. Raser ce qui brûle pour contenir le feu, faire baisser la température en levant des murs d’eau froide, ou étouffer le feu dans la mesure du possible. Mais dans le cas d’un incendie monstre, la théorie ne résiste pas à l’ampleur des dégâts.

A Fort McMurray, les obstacles sont nombreux. Les conditions météorologiques ne facilitent pas leur travail : des rafales persistantes, une chaleur anormalement haute pour la saison (30°C), et surtout peu de pluies. Encaissée dans une vallée, la forêt de Wood Buffalo est le foyer parfait : les pentes et les flans de montagnes favorisent la propagation des flammes. Dans la nuit de mercredi à jeudi, la surface de l’incendie a décuplé. Près de 90 000 personnes fuient sur les routes depuis le début du drame il y a six jours.

13140636_10208511821406272_919671470_n 13162560_10208511821366271_206255671_n

Source: cbc.ca

Même une pluie soudaine aurait du mal à éteindre les flammes. Elle n’éteindrait pas le feu à proprement parler. Elle permettrait seulement aux sols et à l’air de s’humidifier, et à la température de baisser. En novembre 2015, l’Etat de Californie faisait face à un des incendies les plus dévastateurs de la région. La pluie, tombée au bout du cinquième jour, n’a servie qu’à calmer le feu, pas à l’éteindre. Il n’a été stoppé que 20 jours plus tard sous l’effet du travail obstiné des pompiers. C’est le scénario le plus vraisemblable à Fort McMurray. Pourtant, les prévisions météorologiques vont tout sauf dans ce sens. Alors que les pompiers de l’Alberta prient pour le retour du mauvais temps, les prochains jours n’affichent que soleil, bourrasques de vent et chaleur. Encore une fois, la météo a le dernier mot sur les incendies.

La pluie n'est pas prête de tomber