Assemblée : démission de Denis Baupin, accusé de harcèlement sexuel

Plusieurs élues écologistes dénoncent le harcèlement et les agressions sexuelles de Denis Baupin, député ex-EELV et vice-président de l’Assemblée nationale. Le président de l'Assemblée, Claude Bartolone exige sa démission.

Denis Baupin dans la tourmente. Face aux accusations de harcèlement et d’agressions sexuelles dont le député écologiste (ex-Europe Ecologie les Verts) fait l’objet, Claude Bartolone a exigé en fin de matinée qu’il démissionne de la vice-présidence de l’Assemblée nationale. Démission annoncée par Denis Baupin dans la foulée.

https://twitter.com/carolinedehaas/status/729620363949281280

 

Les témoignages sont accablants. Ce lundi 9 mars Médiapart et France Inter ont recensé en tout huit cas de harcèlements et d’agressions sexuelles à l’actif de Denis Baupin, qui a quitté EELV en avril dernier. Parmi les femmes qui ont brisé le silence, Sandrine Rousseau, la porte-parole d’EELV. Les faits remontent à octobre 2011, lors d’une réunion du parti à Montreuil. «Dans le couloir qui longe la salle, Denis Baupin est venu. Il m’a plaquée contre le mur en me tenant par la poitrine, et a cherché à m’embrasser. Je l’ai repoussé violemment.» a‑t-elle confié à Mediapart.

D’autres élues écologistes évoquent les SMS, les gestes déplacés, les tentatives de chantage. Aucune n’a porté plainte contre Denis Baupin jusqu’ici, et la plupart des faits sont aujourd’hui prescrits. « Le mot agression sexuelle, je l’ai mis très longtemps après » explique Sandrine Rousseau. A ses côtés, Isabelle Attard, députée du Calvados, Elen Debost, adjointe au maire du Mans, et Annie Lahmer, conseillère régionale d’Ile-de-France relatent elles aussi le comportement « provocateur » et « salace » de l’époux de la ministre du logement Emmanuelle Cosse.

Si toutes ces femmes ont finalement choisi de parler, c’est notamment après avoir vu ce tweet de Denis Baupin contre les violences faites aux femmes, le 8 mars dernier :

 

 

Autre ironie du sort, en 2012, Denis Baupin se félicitait du vote à l’unanimité de la loi contre le harcèlement sexuel :

 

Le député François de Rugy (ex-EELV) s’est dit sur France Inter “abasourdi parce que ce sont des accusations extrêmement graves qui sont portées”. Il a ajouté : “Si ces faits sont avérés, ils doivent bien sûr être condamnés et c’est à la justice d’établir la vérité des faits”. Depuis, la députée Elen Debost, a assuré que François de Rugy était au courant.