Ecoutes Sarkozy : des auditions annulées, la défense gagne du temps

La justice a annulé une partie de l’enquête qui justifiait la mise en examen de Nicolas Sarkozy et Thierry Herzog, soupçonnés d’avoir tenté de corrompre un magistrat. Ce rebondissement pourrait ralentir la procédure et repousser encore l’éventualité d’un procès.

L’offensive juridique de la défense a payé. La cour d’appel de Paris a annulé en début d’après-midi les convocations et les auditions de Nicolas Sarkozy et Thierry Herzog, soupçonnés de corruption dans l’affaire des écoutes.

 

Du point de vue des avocats de MM. Sarkozy et Herzog, le pourvoi en cassation sur les écoutes, en mai 2015, aurait dû entraîner une suspension de l’enquête. Les convocations et les auditions de leurs clients, qui ont eu lieu en octobre et novembre 2015, sont donc irrégulières. « La chambre de l’instruction a jugé qu’en continuant l’enquête, les juges d’instruction ont commis un excès de pouvoir », s’est félicitée Me Jacqueline Laffont, l’un des avocats de Nicolas Sarkozy.

Ce rebondissement pourrait retarder un éventuel procès pour Nicolas Sarkozy, mis en examen notamment pour corruption et trafic d’influence actifs. Il est soupçonné d’avoir tenté d’obtenir début 2014 auprès de M. Azibert, alors magistrat à la Cour de cassation, et par l’entremise de Me Herzog, des informations couvertes par le secret dans une procédure judiciaire le concernant.

En février dernier, les juges d’instruction avaient clôt définitivement le dossier. Or, la fin de cette enquête faisait planer sur les deux prévenus la menace de poursuites judiciaires. Un tel procès pourrait avoir un impact désastreux sur la popularité de l’ancien président, qui projette de se présenter à la primaire de la droite en novembre prochain.