Accident de Brétigny : un manque de coopération de la SNCF, selon les juges

Les victimes et proches de l’accident ferroviaire de Bretigny-sur-Orge (Essonne), qui avaient fait 7 morts, ont été reçues lundi 9 mai au palais de justice de Paris. La rencontre de plus de trois heures après trois ans d’attente n’a pas permis de résoudre toutes les questions.

Après trois ans d’attente, c’est un soulagement en demi-teinte. Des victimes de Bretigny et des proches ont rencontré lundi 9 mai les juges chargés de l’enquête. Mais si ces derniers ont bien reconnu que la SNCF faisait preuve de manque de coopération dans l’enquête, ils ne disposent toutefois pas d’éléments suffisants pour engager des poursuites contre des personnes physiquement responsables de l’accident survenu le 12 juillet 2013, qui a fait sept morts et des dizaines de blessés.

Soixante-dix victimes ou proches de victimes de l’accident étaient présentes au palais de justice de Paris, dont Thierry Gomes, président de l’association Entraide et défense des victimes de la catastrophe de Brétigny (EDVCB). Celui qui a perdu ses deux parents explique avoir obtenu de la SNCF « une synthèse neutre et complète » sur les causes du déraillement du train qui reliait Paris à Limoges. C’est une agrafe métallique de 10kg défectueuse qui serait à l’origine du drame. Elle aurait fonctionné comme un tremplin pour le train, provoquant son déraillement.

« Les juges ont l’intuition que la SNCF ne nous dit pas tout »

De son côté, Stéphane Gicquel, secrétaire général de la Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs (Fenvac) détaille « des communications très tardives et très parcellaires de pièces », « des suspicions de préparation de faux documents » et « des préparations d’entretiens » avant les auditions. Cependant, pour les 167 victimes ou proches de victimes qui se sont portées parties civiles, tous ces éléments ne constituent en rien des révélations. Elles dénoncent un manque criant de coopération de la SNCF.

 Le double discours de la SNCF 

La compagnie ferroviaire, avec à sa tête Guillaume Pepy, reconnaît certes des problèmes de maintenance des voies, mais réfute les accusations des avocats de parties civiles. Ces derniers défendent la thèse d’une rupture brutale de l’agrafe métallique, une piste qui conforterait une négligence de la part de la SNCF mais qui n’a jamais été confortée par les différentes expertises.

Si cette rencontre avec les juges a été accueillie avec soulagement pour les victimes, Jean Luc Marissal, rescapé de la catastrophe reste déçu et espère connaître toute la vérité sur le drame de Bretigny-sur-Orge.

L’enquête arrive à son terme. Les écoutes judiciaires ordonnées par les juges sur plusieurs cheminots du secteur de Brétigny ont donné lieu à plus de six cents pages de retranscription. Une première dans une enquête d’accident ferroviaire.