Après une brève suspension, procédure de destitution validée pour Dilma Rousseff

Le président du Sénat a tranché. Le processus de destitution Dilma Rousseff se poursuit, après un court suspens. Lundi, le président de l'Assemblée avait tenté de suspendre la procédure.

Nouveau rebondissement à Brasilia. Le président du Sénat, Renan Calheiro, a mis fin aux espoirs de Dilma Rousseff : la procédure de destitution lancée contre la présidente du Brésil (Parti des travailleurs, gauche) se poursuit, malgré la suspension annoncé par le président de la chambre des députés.

Le 17 avril, 367 députés, les deux tiers de la chambre, avaient voté contre la cheffe de l’Etat, accusée d’avoir maquillé les comptes publics. Lundi, Waldir Maranhão, le président de l’Assemblée nationale, avait décidé d’annuler ce vote, à la surprise générale. Menacé d’expulsion par son propre parti, critiqué par l’opposition, le président de l’Assemblée voit sa décision ignorée, moins de 24 heures après avoir donné son soutien à Dilma Rousseff. Les sénateurs vont se réunir mercredi pour décider d’ouvrir ou non le procès de la présidente brésilienne.

Waldir Maranhão avait été propulsé à la tête de l’Assemblée nationale la semaine dernière, après la démission d’Eduardo Cunha (Parti du mouvement démocrate brésilien), lui‐même soupçonné d’avoir touché 35 millions d’euros dans l’affaire Petrobras. Le président par intérim de l’Assemblée est lui aussi accusé de tremper dans le scandale qui secoue le Brésil depuis deux ans.

C’est la deuxième procédure de destitution en moins de vingt‐cinq ans. En 1992, le président Fernando Collor de Mello avait démissionné avant d’être déchu. Il était le premier président de la jeune démocratie brésilienne menacé de destitution… lui aussi accusé de corruption.