Euro 2016 : le défi périlleux de la “fan‐zone” du Champ de Mars

L’espace pour les supporters (ou fan-zone) du champ de Mars pour l’Euro de football a été dévoilé lundi. A tout juste un mois du début de l’Euro, cette fan-zone promet un dispositif de protection hors normes.

Lundi, la maire de Paris Anne Hidalgo présentait la “fan‐zone”, l’espace prévu pour les fans de football souhaitant suivre l’Euro en juin, installée au champ de Mars. La fan‐zone est pensée pour accueillir quotidiennement plus de 90 000 spectateurs avec de nombreuses animations et l’intégralité des matches diffusés. Dans ce lieu éphémère où le spectacle est roi, la sécurité s’y annonce à la hauteur de l’événement et des installations. Le défi est majeur après les attentats de novembre dernier.

La fan‐zone s’étendra sur 130.000 m² près de la Tour Eiffel, l’équivalent de 30 terrains de football. “Le plus grand écran géant jamais construit en France”, une scène géante qui accueillera David Guetta pour son inauguration puis Muse le 28 juin, des terrains sur lesquels jouer au football ou au basket‐ball, ou encore des espaces restaurations pour déguster toutes les cuisines d’Europe… Toutes les conditions sont réunies pour une grande fête du ballon rond. Reste encore à en assurer la bonne tenue.

Une fan‐zone XXL plutôt que plusieurs petites

Anne Hidalgo l’a martelé, toutes les dispositions nécessaires ont été prises. “Les plus hautes normes de sécurité à ce jour” assure la maire PS. “Elle sera entièrement barriérée et étanche, les entrées et les sorties s’effectueront par des sas sécurisés, avec un double système de contrôle d’accès”. Par double système, la mairie de Paris entend palpations et filtrages pour entrer dans la zone. “Le périmètre de la fan‐zone sera entièrement fermé et sécurisé 24 heures/24″, renchérit‐on du côté de la mairie. Près de 400 agents de sécurité privée seront mobilisés en plus des forces de police et de gendarmerie déployés aux alentours.

La municipalité n’a voulu prendre aucun risque puisque la fan‐zone sera la seule de la ville, contrairement aux intentions premières de la mairie et de la FIFA. Plutôt que devoir gérer plusieurs zones, Paris a privilégié un espace unique pour centraliser les moyens de sécurité. ” Une multitude de fan‐zones anarchique aurait pu se développer dans la ville”, explique Anne Hidalgo. Ce, quitte à concentrer en un seul endroit tous les risques.

Pas moins de 40 caméras de surveillance seront également installées, contrôlées depuis un centre opérationnel de sécurité mis en place pour l’occasion. De telles précautions ont un coût, et la sécurité a vu son budget doubler. Des 12 millions initialement prévus, il est passé à 24 millions d’euros sur tout le territoire, 16 rien que pour la fan‐zone près de la Tour Eiffel. L’enjeu est notamment financier, alors que sept millions de supporters sont attendus dans l’Hexagone pour la compétition.

Avec l’échéance 2024 et la candidature pour les Jeux Olympiques, Paris ne peut pas se manquer pour son image, sous peine de voir (à nouveau) une autre ville être retenue. Ces perspectives convergeront toutes vers le Champ de Mars où la sécurité représentera bien plus qu’une nécessité pour une compétition de football.