Loi travail: après le 49–3, le combat continue dans la rue

Les manifestants anti-loi travail se réuniront jeudi à Paris pour une marche jusqu'aux pieds de l'Assemblée Nationale. Une mobilisation renforcée suite au passage en force du texte portée par la ministre Myriam El-Khomri.

La grogne monte après le recours au 49–3 mardi après-midi. Le passage en force de la loi travail portée par la ministre Myriam El-Khomri ne va pas seulement attiser la colère des frondeurs et de l’opposition. La contestation dépasse les positions politiciennes. Les syndicats l’annoncent déjà : cet ultime coup va plus que jamais mobiliser les salariés. Ils s’étaient déjà donné rendez-vous à Paris jeudi pour une marche jusqu’à l’Assemblée nationale, où devait se tenir le vote. Il n’aura finalement pas lieu, mais qu’à cela ne tienne, les militants, eux, ne lâcheront pas.

« La mobilisation a permis qu’il n’y ait pas de majorité à l’Assemblée, déclare Laurent Panier, qui organise la manifestation parisienne pour l’Union régionale CGT d’Ile-de-France. C’était totalement normal à partir du moment où 70% de la population était contre la loi travail. Il faut continuer ainsi. » Une réunion intersyndicale doit avoir lieu mardi soir en région parisienne pour organiser la manifestation. Plusieurs rassemblements se préparent en ce moment partout en France.

Réaction de Philippe Poutou, candidat NPA à l’élection présidentielle.

 

« Tout n’est pas fini », explique sereinement Fabrice Angei, le responsable du dossier loi travail au sein de la CGT. Si la motion de censure déposée par Les Républicains et l’UDI est rejetée jeudi, de nombreux recours restent cependant possible contre la loi. « Souvenez-vous du CPE », note le syndicaliste. En effet, le Contrat Première Embauche avait été passé en force, lui aussi, en 2006, sous le gouvernement de Dominique de Villepin. Face à la mobilisation, le président de la République de l’époque, Jacques Chirac avait toutefois annoncé que la mise en pratique de ces contrats ne serait pas rendue possible. La loi était ainsi devenue inapplicable.

Déclaration télévisée de Jacques Chirac, le 31 mars 2006.

Pour en arriver là, la mobilisation devra encore prendre de l’ampleur. « Nous allons raidir nos positions : il faut prévoir des grèves reconductibles dans les secteurs qui peuvent se le permettre », annonce Fabrice Angei. Il se montre favorable à une convergence des luttes, déjà annoncée ces dernières semaines. « Le durcissement du mouvement passera aussi par un élargissement. Nous avons été approché par Nuit Debout pour organiser un débat sur la loi travail place de la République. Je crois que nous sommes complémentaires, nous nous nourrissons l’un l’autre. »

Les dernières manifestations ont été affectées par les vacances scolaires. Mais pour le responsable CGT, l’important reste surtout d’inscrire le mouvement de colère dans la longueur. A partir du 16 mai, les routiers ont appelé à une grève reconductible. Les “nuitdeboutistes”, eux, continuent de se réunir sur la place de la République à Paris.