Panama Papers : les raisons d’une publication partielle

Les Panama Papers ont fait trembler la planète pour leurs révélations sur le système international d’évasion fiscale. Lundi, une partie de la base de données qui a permis l’enquête menant à ce scandale a été publiée. Que faut-il en retenir ?

Le scandale Panama Papers a déjà fait beaucoup de bruit, mais les fuites ne sont pas encore terminées. La base de données qui a permis de mettre en lumière le scandale a été mise en ligne pour le grand public lundi. La publication intervient un mois après les premières révélations, sur ce qui est la plus importante affaire d’évasion fiscale jamais publiée. Des millions de documents sont désormais en accès libre, mais à quoi servent-ils ?

  • Qui publie les données ?

La base de données est publiée par l’ICIJ, le Consortium international des journalistes d’investigation, basé à Washington.  L’organisation affirme que cette base est la “plus importante publication sur les sociétés offshore et sur les personnes qui sont derrière elles”. Mais seule une partie des 11.5 millions de documents des Panama Papers est aujourd’hui accessible.

  • Qu’apprend-t-on ?

Cette publication n’apporte pas beaucoup d’informations, puisque les principales révélations ont déjà été effectuées par les journalistes. Cette base de données assure en tout cas la transparence des données, réclamée depuis la publication des nombreux articles sur le scandale.

  • Qui est concerné ?

La base de données contient près de 214 000 noms d’entreprises et de particuliers et lève le voile sur des sociétés-écrans domiciliées dans 21 paradis fiscaux, des Iles Vierges Britanniques à Hong Kong en passant par l’État américain du Nevada. Les noms des entreprises-écrans et des personnes impliquées (quasiment toutes des anonymes) sont clairement exprimées, de même que les adresses des personnes et sociétés incriminées.

Pour la France, 304 sociétés offshore sont répertoriées. 1005 personnes sont désignées, 127 supplémentaires étant catégorisées comme intermédiaires. En tout, 873 adresses en France (DOM-TOM compris) sont révélées au grand jour. Les Etats-Unis, souvent considérés comme épargnés depuis le début de l’affaire, sont eux aussi concernés (6254 sociétés offshore, 7325 personnes nommées, 6860 adresses).

La page de Jérôme Cahuzac sur la base de données de ICIJ.
La page de Jérôme Cahuzac sur la base de données de ICIJ
  • Pourquoi ne pas les avoir révélé plus tôt ?

La base de données n’a été rendue publique que lundi, mais on ignore encore les raisons précises de ce timing. Le directeur de l’ICIJ, Gerard Ryle, a expliqué que cette publication avait notamment pour but de voir émerger d’autres révélations grâce à la contribution de la société civile, en particulier dans les 120 pays dans lesquels des données existent mais où aucune enquête journalistique n’a pu être effectuée pour le moment. Les critiques liées au manque de transparence ont peut-être accéléré la diffusion des données, mais aucune explication officielle n’a été donnée.

  • Pourquoi il n’y a pas tout ?

L’ICIJ n’a pas souhaité communiquer l’intégralité des données à sa disposition, par respect de la vie privée. L’organisation dispose de mots de passe, d’accès à des messageries, ou comptes bancaires qu’elle ne considère pas comme nécessaires au public. Les copies d’e‑mails, ou de mémos ne sont pas non plus disponibles.