Rodrigo Duterte, le “Punisher” des Philippines

Le nouveau président des Philippines, Rodrigo Duterte, s’est démarqué de ses concurrents par un franc-parler violent mais symptomatique de l’état de cette région du monde rongée par la criminalité.

« Si je suis élu président. Vous, les dealers, les braqueurs et les vauriens, vous feriez mieux de partir. Parce que je vais vous tuer. » Le vainqueur surprise de la présidentielle aux Philippines dispose d’au moins une qualité : la franchise. Ses discours sont ponctués de saillies provocatrices, révélatrices des tares de son pays.

« Suis‐je à l’origine des escadrons de la mort ? Parfaitement »

Rodrigo Duterte s’est à plusieurs reprises vanté d’avoir encouragé le développement de milices armées à Davao, où il a été maire pendant 22 ans. L’objectif affiché : tuer les criminels dans une ville où près de 1000 meurtres ont été commis entre 2010 et 2015. Une recette qu’il compte appliquer à l’échelle du pays en éliminant « 100 000 » hors‐la‐loi avant de « jeter leurs corps dans Manilla Bay ». Pendant la campagne, près de 15 personnes sont mortes dans des conditions suspectes, selon la police locale.

« Oubliez les lois sur les droits de l’Homme »

Dans cette interview de juin 2015, Rodrigo Duterte confirme une idée qu’il développe régulièrement. Selon lui, les droits de l’homme n’auraient rien d’universel. L’opposition craint ainsi un retour à la dictature qui s’est achevée à la fin des années 1980 dans le pays.

« J’étais en colère qu’ils l’aient violée mais elle était si belle. Je me suis dit : le maire aurait dû passer en premier. »

Cette « plaisanterie », Rodrigo l’a lancée en avril dernier à propos du viol d’une religieuse australienne à Davao en 1989. La déclaration a fait réagir l’ambassadrice australienne. Le nouveau président philippin est coutumier de ces sorties. L’associaiton féministe « Woman against Duterte » a donc déposé plainte auprès de la commission des droits de l’Homme le 20 avril. Davao est la seconde ville du pays, après Quezon City, en terme de nombres de viols.