Black M à Verdun : pourquoi l’extrême-droite s’indigne

Le rappeur Black M se produira en concert à Verdun le 29 avril prochain, à l'occasion du centenaire de la célèbre bataille de la Meuse. Une nouvelle qui provoque la grogne de l’extrême droite et fait polémique sur la twittosphère.

La mémoire des morts incarnée par Black M ? Le chanteur, membre du groupe Sexion d’assaut, sera la tête d’affiche d’un concert à Verdun, le 29 mai, pour clôturer la cérémonie du centenaire de la bataille de la Première guerre mondiale.

Or, la venue de l’artiste en froisse plus d’un, notamment à l’extrême-droite. En cause : les paroles controversées du rappeur. Dans le titre notoire Désolé, il qualifie la France de « pays de koufars », terme arabe péjoratif signifiant mécréants.

Jugeant ces paroles offensantes, insultes à la mémoire des disparus de Verdun, le site identitaire Fdesouche a lancé une campagne sur les réseaux sociaux intitulée « Touche pas aux poilus, pas de rappeur francophobe au centenaire de Verdun ».

Dans un communiqué commun, les frontistes Marion Maréchal Le Pen et Stéphane Ravier, respectivement députée du Vaucluse et sénateur des Bouches‐du‐Rhône, se sont insurgés et ont demandé l’annulation pure et simple du concert. Le vice‐président du Front national Florian Philippot, lui, n’a pas manqué de se fendre d’un message de quelque 140 caractères.

Contacté par Le Figaro, le maire de Béziers Robert Ménard (proche du FN) a quant à lui fustigé « la vulgarité, l’antisémitisme, le mépris des Français » dont le chanteur ferait preuve dans ses paroles. « C’est un mépris pour l’histoire, pour les victimes, pour la jeunesse », a martelé l’édile après avoir publié une foule de tweets énervés.

De nombreux internautes, certains marqués à droite, n’ont pas attendu les réactions politiques pour faire part de leur indignation, usant de colère autant que d’ironie.

Black M ne le voit pas de cet œil. La portée symbolique du centenaire est, selon lui, secondaire, et c’est bien l’attrait de la scène qui le pousse à se produire. « C’est de la scène, et c’est quelque chose que j’aime énormément, alors je réponds présent. Tout simplement », s’est-il justifié dans les colonnes de l’Est républicain. Même son de cloche de la part du maire socialiste de Verdun, Samuel Hazard, contacté par Le Figaro. « Black M représente la diversité de notre pays, s’est défendu l’élu. C’est l’artiste préféré des Français en 2016, il est adulé par les jeunes. Je ne vois pas en quoi il souille la mémoire de nos soldats. » Le tollé provoqué par la programmation du rappeur n’a pas eu raison du concert qui, selon la communauté d’agglomération de Verdun, aura bel et bien lieu à la date prévue. Au grand dam des personnalités frontistes, Black M ira rapper sur les tombes.