Comment le gouvernement fait tout pour déminer la motion de censure

Au lendemain du dépôt de la motion de censure présentée par la droite, le gouvernement est (presque) assuré de conserver la confiance du Parlement. Manuel Valls peut envisager son avenir politique plus sereinement.

Les comptes sont bons pour le gouvernement ! La motion de censure déposée quelques heures après que Manuel Valls a utilisé l’article 49.3 ne passera pas. Le Premier ministre a multiplié ces derniers jours les rendez-vous avec les députés frondeurs ou hostiles à la loi Travail. Le chef du gouvernement voulait notamment s’assurer de disposer d’une majorité de soutien 24 heures avant le vote de la motion demandée par Le Républicains et l’UDI.

Les frondeurs, l’équation à une inconnue

On ne sait pas exactement combien sont les frondeurs. 30, 40, peut-être 70. Qu’importe, le gouvernement s’est assuré qu’aucun frondeur, ou presque, ne voterait la motion de défiance à l’égard de Manuel Valls. Benoit Hamon, l’un des porte-paroles de l’opposition au sein de la majorité, a implicitement exclu de voter la motion présentée par la droite.

Mais un petit groupe de frondeurs emmené par le député Christian Paul a tout de même tenté de défier le gouvernement malgré les avertissements de leur parti. Ils ont « cherché par tous les moyens » à déposer une motion de censure « des gauches et des écologistes » contre Matignon.

Un autre frondeur Laurent Baumel avait jugé « possible » de réunir « les 58 signatures » nécessaires, heure limite pour aboutir au dépôt d’une motion de censure. Finalement, le couperet est tombé peu avant 17h ce mercredi : les opposants de gauche ne sont pas assez nombreux pour déposer leur propre motion.

Les écologistes avaient rapidement emboîté le pas aux frondeurs.« Je signe comme une majorité du groupe écologiste à ce stade », avait  déclaré Cécile Duflot juste avant la séance de questions au gouvernement.

Malgré l’échec des frondeurs de déposer une seconde motion, il reste à l’opposition une infime chance pour que sa motion soit adoptée. Il faudra pour cela que 70 frondeurs se joignent à l’initiative de la droite, la motion proposée par la gauche n’ayant pas pu être déposée … à deux voix près.

Les socialistes mettent la pression sur les députés

Tous les ministres s’emploient depuis ce matin à défendre Manuel Valls et attaquent tous les députés qui pourraient « trahir » le groupe socialiste. Myriam El Khomri, en première ligne sur ce dossier, juge « inconcevable que des députés socialistes déroulent le tapis rouge à la droite ». « Si le gouvernement avait accepté que 10% des députés socialistes dénaturent le texte », cela aurait été « antidémocratique ». Le député PS, Christophe Caresche, va même plus loin. « Les députés frondeurs ont évidemment la possibilité de voter une motion, c’est la logique du 49.3, a déclaré l’élu parisien. S’ils étaient amenés à la voter, ils seraient exclus du Parti socialiste et ne pourraient pas se présenter aux prochaines élections au nom du Parti socialiste. C’est extrêmement clair, extrêmement net. » Ambiance.