L’Europe a entamé sa transition énergétique, et l’Allemagne accélère

La transition énergétique est enclenchée en Europe, mais elle tarde à accélérer. L'Allemagne mène la danse.

Dimanche, 85 % de l’électricité produite en Allemagne provenait d’énergies renouvelables. Une journée particulièrement ensoleillée et un vent régulier assez fort pour alimenter les éoliennes ont permis cette performance. Dans l’UE, la transition énergétique est entamée, mais elle traîne.

En 2015, les énergies renouvelables étaient la principale source d’électricité en Europe

En 2015, les énergies renouvelables représentent 28,8 % de la production totale, le nucléaire 26,8 %. Charbon et gaz complètent les sources d’énergies de l’UE.Part_dans_la_production_d'énergie_de_l'UE_chartbuilder (1)

Plusieurs tendances se dégagent. Depuis 2010, la part du nucléaire n’a pas beaucoup baissé. L’essentielle de l’évolution tient à la décision de l’Allemagne de fermer ses centrales nucléaires.

Le part du gaz a baissé d’un tiers dans le même temps. Et celle du charbon, si elle a un peu augmenté entre 2014 et 2015, baisse continuellement depuis des années.

L’Allemagne veut produire l’intégralité de son électricité via des énergies renouvelables d’ici à 2050. En 2014, la part moyenne du renouvelable dans sa production d’électricité est de 33 % environ.

Quelques pays en Europe ont déjà atteint l’objectif de l’Allemagne. C’est le cas de l’Islande, via la géothermie de son sous‐sol, et de la Norvège, grâce à l’hydroélectricité. Le Danemark, figure de l’énergie éolienne y parvient aussi de temps en temps, quand la météo est favorable.

Produire de l’électricité verte est de moins en moins cher

Longtemps, les pays ont refusé de considérer l’énergie verte comme une source fiable et primaire pour la production d’électricité. Ils la jugeaient trop dépendante des éléments. Les progrès technologiques permettent de mieux stocker le surplus d’énergie produit pendant la journée.

Et surtout à moindre coût. En France, le mégawattheure d’électricité verte (MWh) s’achète dans certaines régions environ 70 €, un prix inférieur à celui facturé par les centrales nucléaires nouvelles générations. L’EPR anglais promet un prix plancher de 116 € par mégawattheure.

Problème, pour financer la transition énergétique, les pays se rabattent sur les énergies les moins coûteuses possibles. L’Allemagne, par exemple, fait appel au charbon, connu pour être bien plus polluant.