Six questions pour comprendre la procédure de destitution de la présidente du Brésil

La procédure de destitution de Dilma Rousseff connaît de nombreux rebondissements depuis son instigation en décembre 2015.

De quoi est accusée Dilma Rousseff ?

La présidente du Brésil est accusée par l’opposition d’avoir maquillé les comptes publics afin de cacher l’importance des déficits en 2014, année de sa réélection à la tête du pays. Un procédé qualifié de « crime de responsabilité », motif de destitution selon la Constitution brésilienne.

Que dit Dilma Rousseff ?

La présidente ne nie pas ces acrobaties budgétaires mais assure que tous ses prédécesseurs ont fait de même sans être inquiétés. Elle évoque de faux prétextes et un « coup d’état parlementaire » visant à la faire tomber.

Quand a commencé la procédure de destitution ?

La procédure parlementaire de destitution commence en décembre 2015 à l’initiative du président de la Chambre de députes de l’époque, Eduardo Cunha. Le 17 avril 2016, les députés valide la procédure à 367 voix pour et 137 voix contre.

Où en est‐elle ?

Le 6 mai, une commission du Sénat préconise l’ouverture d’un procès en destitution par 15 voix contre cinq.

Le 9 mai, le président de la Chambre des députés Eduardo Cunha est suspendu par la justice brésilienne. Il est accusé d’avoir entravé les enquêtes pour corruption le visant dans le cadre du scandale Petrobras. Coup de théâtre ! Son remplaçant, Waldir Maranhao décide d’annuler le vote des députés du 17 avril.

Au Brésil, la confusion est totale : le président du Sénat Renan Calheiros, décide, lui, de poursuivre la procédure.

10 mai. Re‐coup de théâtre ! Waldir Maranhao annule son annulation et confirme le vote des députés. Celui du 17 avril, entamant la procédure de destitution (vous suivez ?)

Et ensuite ?

Les sénateurs se réunissent le 11 mai afin de valider, ou non, l’ouverture d’un procès en destitution. Si le vote est positif, la présidente sera écartée du pouvoir pendant 180 jours maximum, le temps de la tenue du procès. Elle sera remplacée par le vice‐président Michel Temer. Il pourrait rester en place jusqu’aux prochaines élections de 2018, si Dilma Rousseff perdait son procès.

Sauf ?

Sauf si le Tribunal suprême fédéral, saisi par Dilma Rousseff le 10 mai, annule la procédure. Hypothèse hautement improbable. Son président, Ricardo Lewandowski, a annoncé vouloir donner la « priorité aux recours judiciaires ».