Union homosexuelle : l’Italie rentre dans le rang

L’Italie était le dernier grand pays de l’Union Européenne à ne pas autoriser l’union entre deux personnes de même sexe. C’est désormais chose faite. Les députés ont donné leur feu vert aux unions homosexuelles. Pour le mariage il faudra encore attendre.

Les Pays-Bas, la Belgique, l’Espagne, la France et maintenant l’Italie. Les députés transalpins viennent d’autoriser l’union civile entre deux personnes de même sexe. Avec 369 voix pour et 193 contre, le parlement a entériné la loi ce mercredi. Le Premier ministre réformateur, Matteo Renzi, avait fait de cette réforme une des priorités de son mandat. Il a même engagé à deux reprises la responsabilité de son gouvernement dans cette longue bataille parlementaire.

« Nous écrivons une autre page importante de l’histoire de l’Italie, a écrit Matteo Renzi sur sa page Facebook. Nous le faisons en posant la question de confiance parce que de nouveaux retards n’étaient pas possibles après des années de tentatives avortées. »

L’union civile oui mais pas de mariage

L’Italie est le dernier grand pays d’Europe occidentale à reconnaître un statut aux couples homosexuels. Mais la loi n’autorise pas pour autant le mariage, contrairement à la plupart des autres pays de l’Union européenne.

Les futurs bénéficiaires de la « formation sociale spécifique » pourront s’unir devant un officier d’état civil. Ils devront assistance morale et matérielle réciproque à leur conjoint. Ils pourront également jouir de la pension de réversion, du titre de séjour pour leur conjoint étranger, du droit de visite à l’hôpital et de la possibilité de prendre le nom de son conjoint…

Le gouvernement a cependant dû renoncer à la possibilité d’adopter les enfants naturels du conjoint. Autre différence avec un couple hétérosexuel : au grand dam des associations homosexuelles, les futurs époux ne se jureront pas fidélité avant de s’unir.

L’Italie rattrape néanmoins une partie de son retard avec la France dans le domaine. Le projet de loi ne ferme pas la porte aux demandes d’adoption déposée au cas par cas. Plusieurs requêtes ont déjà abouti depuis l’été 2014 par certains tribunaux, au nom de l’intérêt de l’enfant à une « continuité affective ».

Les premières unions ne sont pas pour l’heure programmées. Le texte, bien qu’adopté, doit encore subir une série de votes, sans conséquence, pour des raisons de procédures. La loi devra ensuite paraître au Journal Officiel avant d’être appliquée dans les prochaines semaines.