En pleine loi travail, Alain Juppé dévoile un programme économique ultra‐libéral

Le candidat à la primaire de la droite Alain Juppé a présenté mercredi un programme économique très libéral, en plein débat sur la loi travail.

« Libérer l’entreprise, désengager l’Etat ». Voilà la volonté du candidat aux primaires Alain Juppé. Le maire Les Républicains (LR) de Bordeaux, qui espère être le champion de la droite à la présidentielle de 2017, a réuni ce mercredi 500 de ses fidèles dans la petite salle du Palais des Congrès à Paris, afin d’exposer son programme économique. Son programme, très libéral, s’aligne sur celui de ses rivaux.

Loin du candidat du début de la campagne, qui s’affichait comme le plus modéré, et comptait sur les voix de la gauche et du centre, Alain Juppé a dévoilé cette fois‐ci une série de mesures ultralibérales. Suppression de l’ISF, dégressivité des allocations chômage, baisse de charges, baisse d’impôts pour les entreprises, assouplissement du Code du travail, suppression des 35 heures même dans la fonction publique, retraite à 65 ans… Des propositions qui séduiront sûrement les entrepreneurs, pour le moment plutôt acquis à la cause de François Fillon.

“Mon ennemi c’est le chômage”

 

Le président de la métropole bordelaise espère aussi réduire les dépenses publiques d’au moins 85 milliards d’euros. C’est avec un grand sérieux, fidèle à lui‐même, qu’il a égrainé ses projets économiques. « Quand je parle du chômage, je ne vais pas me fendre la poire » a‐t‐il argué. Il a rejeté en bloc l’assistanat et l’aide médicale d’Etat (AME). « Vous venez du sud de la Méditerranée par exemple, pour avoir une prothèse de hanche, et vous venez en France parce que c’est gratuit, ça, c’est fini ! »

Sa présentation est intervenue dans un contexte politique particulièrement tendu, alors que la gauche se déchire autour de la loi Travail, que certains “frondeurs” socialistes taxent de trop libérale.

Dans son ouvrage, Alain Juppé se fixe comme objectif le retour au plein emploi. « Mon ennemi, c’est le chômage, pas la finance » a‐t‐il rappelé ce jeudi sur RTL. Aucun doute, il parle déjà comme un présidentiable.