Hyperloop, le train qui relierait Paris à Marseille en 40 minutes

Hyperloop One, la société chargée de développer et commercialiser le train du même nom, a publié une vidéo d’un prototype fonctionnel de son train du futur. La semaine dernière, la startup a annoncé avoir levé 80 millions de dollars auprès de plusieurs investisseurs, dont la SNCF.

1. C’est quoi Hyperloop ?

Hyperloop est un projet de train futuriste développé par Elon Musk, un gourou des nouvelles technologies qui a fait fortune en créant notamment PayPal et Tesla. Plus rapide qu’un avion (il peut se déplacer à 1 100 km/h), censé être très économe en énergie (il flotte au‐dessus d’un champ magnétique, dans un tube pressurisé, afin d’éviter les collisions), il permettrait de relier Paris à Marseille en 40 minutes contre 3 heures en TGV.

Depuis août 2013, Elon Musk encourage une approche ouverte du projet. Il laisse les plans en libre accès et propose à n’importe quelle entreprise désireuse de développer la technologie de le faire. Trois travaillent dessus pour l’instant : deux américaines, Hyperloop One et Hyperloop HTT, et une canadienne, Transpod.

Hyperloop One est, des trois, la plus avancée et la plus structurée. 65 personnes travaillent à plein temps sur le projet, et l’entreprise prévoit de dévoiler un prototype fonctionnel à la fin 2016.

2. Quand pourrons‐nous tester les trains Hyperloop ?

Pas avant 2020. Le 11 mai 2016, Hyperloop One a testé un rail fonctionnel, près de Las Vegas, dans le Nevada.

Ce n’est pas tant la faisabilité de l’Hyperloop qui interroge que son coût de construction puis d’exploitation. De l’aveu du CEO d’Hyperloop One, Rob Lloyd, « c’est faisable, mais c’est trop cher pour l’instant, donc on travaille sur l’optimisation des coûts ».
L’entreprise va sélectionner trois projets de liaison via Hyperloop. Leur construction aura lieu entre 2017 et 2020.

Ces projets serviront de tests grandeur nature pour la technologie. Pour l’instant, à part la ligne Los Angeles‐Las Vegas, des candidats d’Europe, d’Asie et du Moyen‐Orient se sont fait connaître.

Le but est de parvenir à démontrer les avantages économiques de l’Hyperloop en 2020. Elon Musk avait promis que la construction d’une ligne coûterait moins cher que celle d’un train « classique ». Pour relier Los Angeles à San Francisco, Musk dit avoir besoin de 6 milliards de dollars, contre 60 milliards pour la ligne « classique ».

Au‐delà de l’obstacle financier, la sécurité interroge. Le CTO (responsable de la technologie), Brogan Bambrogan promet d’opérer par étape : « nous testerons d’abord sur des transports de marchandises, avant d’envisager le transport d’êtres vivants ».

3. Pourquoi la SNCF investit dans cette technologie ?

La SNCF ne veut pas se priver d’une technologie qui pourrait révolutionner les transports. En investissant, elle se garantit un accès privilégié aux avancées de l’Hyperloop pour éventuellement l’importer en France. L’entreprise française développe déjà de son côté une nouvelle version du TGV, plus écologique et économe en énergie, via un partenariat entre Alstom et l’agence nationale Ademe.

4. L’hyperloop va remplacer les TGV ?

Rien n’est moins sûr. Des experts doutent de la faisabilité de l’Hyperloop. Maintenir le tube où se déplaceront les modules de transport pressurisé sera coûteux. Et achever la construction dans les délais tout autant. D’autant qu’aucun terrain n’a été acheté pour l’instant.

Avec son projet de TGV nouvelle génération, la SNCF va faire en sorte de pouvoir utiliser les rails déjà existants, garantissant une mise en place plus rapide. Aucune information n’a fuité pour l’instant sur l’avancement des recherches.