Marine Le Pen sauve Gollnisch, mais pas Arnautu

La présidente du Front national avait sanctionné les deux eurodéputés pour avoir défilé le 1er mai  aux côtés de Jean-Marie Le Pen. Si elle a refusé la démission de Bruno Gollnisch, Marie-Christine Arnautu risque l’exclusion. Un choix stratégique.

Absolution pour l’un, mais sanction programmée pour l’autre : la présidente du Front national, Marine Le Pen, a tranché le sort des deux responsables de son parti qui avaient participé au défilé du 1er mai organisé par son père, malgré son interdiction. Marine Le Pen avait préféré réunir ses partisans autour d’un banquet pour la première fois.

Le bureau politique avait alors déposé une motion contre les deux cadres du parti. Bruno Gollnisch et Marie-Christine Arnautu sont deux des 42 membres du «  gouvernement frontiste ». Mais à la surprise générale, Marine Le Pen a annoncé refuser la démission de Bruno Gollnisch, présentée mercredi par l’intéressé, dans un communiqué publié jeudi 12 mai.

Marie-Christine Arnautu, qui refuse de présenter sa démission, est convoquée devant les instances disciplinaires du parti. Une solution en demi-teinte pour ne pas décrédibiliser davantage la formation d’extrême droite.

Deux cadres, deux issues

Marine Le Pen et Bruno Gollnisch ont trouvé un accord mercredi au Parlement européen. Son ancien rival pour la tête du parti en 2011 conserve sa place au sein du bureau politique. Selon Wallerand de Saint-Just, membre du bureau exécutif — l’instance de neuf membres aux commandes du parti — «  c’est  un apaisement de Marine et de Bruno, chacun s’est montré intelligent et a fait un pas ». Il ajoute qu’écarter Bruno Gollnisch, « une telle figure du FN, aurait été vulnérant ».

Bruno Gollnisch, proche de Jean-Marie Le Pen, est un des rares cadres du parti à s’opposer à la ligne de la présidente du parti d’extrême droite au sein du Front national. Mais selon un proche de Marine Le Pen, l’accord trouvé entre les deux élus européens n’a rien à voir avec un rapport de force. Bruno Gollnisch n’a pas fait « preuve d’hostilité ».

Le cas de Marie-Christine Arnautu est plus complexe. Elle fait partie du bureau exécutif du parti. C’est Marine Le Pen qui l’a nommée vice-présidente en 2011. Pour Wallerand de Saint-Just, « elle continue à faire Tarzan ». Toutefois, Marie-Christine Arnautu, elle aussi eurodéputée,  a déclaré jeudi 12 mai avoir refusé le même accord que celui accepté par Bruno Gollnisch. Elle considère « n’avoir fait aucune faute politique, ni fait preuve de déloyauté envers Marine Le Pen ».

Apaiser une partie des tensions

Le maintien de Bruno Gollnisch au sein du FN est bénéfique selon Wallerand de Saint-Just, surtout depuis les tensions constantes avec Jean-Marie Le Pen, co-fondateur du parti. « Il y a longtemps qu’une telle solution apaisante n’avait pas été adoptée en interne » estime-t-il.

Quant à Marie-Christine Arnautu, la date de son passage devant la commission de discipline frontiste n’a pas encore été déterminée. « Je ne me laisserai pas faire, affirme-t-elle à LibérationVoilà un an que l’on veut me sortir du bureau exécutif, et on a fini par trouver ce prétexte. (…) En tout cas, si on veut vraiment l’apaisement, mieux vaudrait en rester là ».