Non, Michel Bussi n’est pas le nouveau Guillaume Musso

Depuis 2014, Michel Bussi fait partie du cercle privilégié des romanciers français qui vendent beaucoup, beaucoup de livres. Mais l'outsider normand n'a pas grand-chose à voir avec les machines à best-sellers qu'on connaît déjà.

Sur le podium des meilleurs auteurs les plus lus en France, il y a Guillaume Musso, Marc Levy… et Michel Bussi. Encore un écrivaillon produisant à la chaîne des romans de gare pour femmes désabusées ? Et bien justement, pas vraiment.

Beaucoup de traits rapprochent Bussi de ses deux ‘maîtres’ :

  • Une écriture prolifique (un livre par an sans faute)
  • Une critique divisée, entre une fan‐base complètement ensorcelée et des critiques littéraires plus sceptiques voire carrément hostiles
  • La sortie systématique de leurs œuvres en format poche
  • Des thèmes parfois similaires, et qui ont fait leurs preuves auprès du grand public : amour, polar, recherche d’identité, amour, famille déchirée, amour…

Quand on s’y penche, Michel Bussi diffère tout de même de ses concurrents. Survol des trois critères qui font de lui un réel outsider.

C’est un chercheur universitaire

Les ventes de livres de Michel Bussi sont impressionnantes. Mais son CV aussi. L’auteur à succès est aussi — et avant tout — chercheur en géographie au CNRS, et professeur à l’université de Rouen.

Spécialisé en géographie électorale, il a clairement de quoi occuper son temps entre deux best‐sellers. Et pourtant, il arrive à pondre chaque année un polar, qui rejoint systématiquement l’étagère des meilleurs ventes en librairie. Chapeau le géographe.

“J’irai revoir ma Normandie…”

Guillaume Musso et Marc Levy vous emmènent à Paris, Londres, New‐York : de hauts buildings, une vie de folie, la solitude de l’individu perdu au milieu de la foule… On voyage et on rêve.

Michel Bussi est plutôt terroir : c’est en Normandie, où il vit, que la plupart de ses intrigues ont lieu. Son travail de géographe lui a donné une grande connaissance de la région, dont il distille anecdotes et spécificités dans ses romans, et qui lui valent l’amour des Normands.

Il a reçu des prix, des vrais :

On ne contestera pas à Guillaume Musso sa nomination comme chevalier de l’ordre des arts et des lettres. Ni à Marc Levy sa collection de bandeaux rouges indiquant “UN BEST SELLER” ou “LE NOUVEAU LEVY” sur chacune de ses parutions.

Artistiquement parlant, c’est quand même Michel Bussi qui impose le respect : presque une vingtaine de récompenses depuis le début de sa carrière littéraire en 2006. Elles vont du prix du polar francophone de Montigny‐lès‐Cormeilles au plus prestigieux Prix de la Maison de la Presse. Si ça, ce n’est pas faire l’unanimité…