Comment les services secrets ont échoué à capturer Abaaoud

Dans une enquête publiée vendredi, Le Parisien révèle les détails de la traque ratée d’Abdelhamid Abaaoud, l’organisateur des attentats du 13 novembre.

Les services secrets d’une dizaine de pays suivaient le terroriste depuis 2013. Il est désormais possible de retracer précisément son “ascension”, et surtout les fois où il a été proche de l’arrestation.

De 2013 à début 2015 : l’ascension au sein de l’EI

En 2013, il part en Belgique pour “enlever” son petit frère Younes et l’amener en Syrie, sans être inquiété.

En 2014, plusieurs fois, les services secrets remarquent son activité, et en concluent qu’il joue désormais un rôle clé dans l’organisation terroriste. Il se vante même d’avoir échappé de justesse à une arrestation dans un aéroport.

La France a failli le capturer à Athènes

En janvier 2015, des écoutes téléphoniques permettent de l’identifier formellement, et d’identifier sa position, à Athènes, en Grèce. La DGSE tente en vain de l’arrêter avec le soutien de la police grecque.

A l’été 2015, la tension est maximale à Paris. Abaaoud est désormais, aux yeux des Occidentaux, le responsable des opérations extérieures de l’Etat Islamique. A Paris, Reda H. raconte lors d’un interrogatoire les attaques à venir. Il décrit avec précision ce qui sera, six mois plus tard, le scénario des attentats de Paris.

Abaaoud a poussé la France à frapper la Syrie

François Hollande et le gouvernement, informés des menaces, décident de modifier leur stratégie en Syrie : ils frappent directement, visant le camp d’entraînement supposé d’Abaaoud. Nouvel échec. Abaaoud est de retour en Grèce, où il prépare l’arrivée des djihadistes mêlée au flux des réfugiés.

Cette information, l’espionnage marocain est le seul à en disposer. Ils la fournissent à la France après le 13 novembre. Aucun autre service secret européen n’a trace d’Abaaoud jusqu’aux attentats et la traque qui s’ensuit. Le 18 novembre, le terroriste meurt dans l’assaut de Saint Denis.