Ken Loach, un retour ambitieux sur la Croisette

Le réalisateur présente vendredi à Cannes Moi, Daniel Blake. Et de l’avis des observateurs, il pourrait bien rafler la mise avec cette nouvelle production.

Mai 2014. Lorsqu’il monte les marches du Festival de Cannes, pour présenter son film Jimmy’s Hall, Ken Loach en est certain et l’annonce : ça sera son ultime film.

Deux ans plus tard, revoilà le réalisateur britannique sur la Croisette. Avec un nouveau long métrage. La raison de ce revirement, il faut l’attribuer à la politique menée par le premier ministre David Cameron, inacceptable pour le cinéaste qui va fêter ses 80 ans en juin.

Un favori annoncé

Moi, Daniel Blake, son nouveau film projeté à la presse jeudi soir est déjà annoncé par les critiques comme l’un des favoris pour la course à la Palme d’Or.

Victime d’un infarctus à 59 ans, son héros Daniel Blake, ne peut pas reprendre son métier de menuiser. Il fait alors appel à l’aide sociale de sa ville, Newcastle.

C’est le point de départ d’une course d’obstacles interminable pour lui. L’homme fait face à la machine administrative qui fait tout pour ralentir la progression de son dossier et l’empêche ainsi de toucher les indemnités qui lui reviennent de droit.

Il rencontre Rachel, mère célibataire de deux petits enfants, elle aussi prise dans les méandres de l’administration. Ensemble, ils vont s’entraider sans que ne se profile la sortie du tunnel.

Spectateurs en larmes

Il se dit déjà sur la Croisette que le film a tiré de nombreuses larmes chez les premiers spectateurs. Ken Loach reste fidèle au cinéma qui a fait son succès. Il livre une critique sociale poussée à l’extrême de la société britannique, dans la droite ligne de Sweet Sixteen, Les Dockers de Liverpool ou La part des Anges. Autre ingrédient qui fonctionne à chaque recette du chef Loach, Daniel Blake, son personnage principal est interprété par un acteur inconnu, Daves Jones et la sauce prend.

Bref, Ken Loach fait du Ken Loach. La recette le place en bonne position pour remporter le prix du meilleur film. Déjà couronné en 2006 pour Le Vent se lève, le réalisateur participe pour la treizième fois à Cannes.

S’il venait à décrocher la palme, il rejoindrait le cercle fermé des réalisateurs deux fois sacrés. Ils sont huit à avoir réalisé le doublé. Les frères Dardenne, Michael Haneke ou Francis Ford Coppola pour ne citer qu’eux. Une place parmi les anges.