Scission au PS : un gouvernement dans la tourmente

Après les deux mentions de censure déposées ces deux derniers jours, le Parti Socialiste est plus fragmenté que jamais. Mais pour le gouvernement, impossible de composer sans les dissidents.

Haro sur les frondeurs. A la lumière des dernières déclarations de pontes du Parti Socialiste, la ligne directrice de la formation gouvernementale semble claire.

Jeudi, Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du PS a saisi la Haute Autorité éthique du parti pour que cette commission, indépendante de la direction, statue sur le cas des vingt-quatre députés socialistes qui ont voté en faveur de la motion de censure de gauche. On l’assure dans les couloirs de la rue de Solférino, “des sanctions pourront être prises”.

La motion de censure – qui, si elle était passée aurait entraîné un renversement du gouvernement Valls – n’a finalement pas pu être déposée à deux voix près. Le coup est même passé plus proche jeudi soir. La motion de censure de la part des Républicains n’a pas abouti, cette fois après examen du Parlement, avec 42 voix manquantes. La conséquence est double : la loi travail poursuivra son chemin législatif au Sénat et le Parti Socialiste est officiellement en lambeaux.

Exclusion des frondeurs : une possibilité inenvisageable

Le premier ministre Manuel Valls a confirmé entre les lignes que la chasse aux frondeurs était ouverte. Il s’est fendu jeudi d’une déclaration à l’encontre de ces derniers, estimant que la tentative d’une motion de censure « a un intérêt, celui d’une clarification entre ceux qui s’arc-boutent sur le passé et ceux qui voient l’avenir ».

Mais la scission du PS telle qu’elle se dessine ne permettra pas au gouvernement de tenir cette ligne. Quelques heures après la saisie de la Haute Autorité d’éthique, la porte parole du PS, Corine Narassiguin a rejeté toute exclusion des dissidents. L’idée d’une scission est dangereuse, “quand pour 2017 on veut rassembler le plus largement possible.

L’aile droite du PS lui donne aussi des maux de tête

Le PS ne peut se passer de son aile gauche, d’autant que le flanc droit du Parti pose aussi question. Entre les ambitions politiques d’Emmanuel Macron, non encarté au PS mais qui pourrait rassembler derrière son nom en cas d’hypothétique candidature à la présidentielle, et les piques lancées aux frondeurs (“Qu’ils rejoignent Jean-Luc Mélenchon” du député Philippe Doucet), la majorité est dans la tourmente.

Les divisions politiques ne seront pas les seules préoccupations du gouvernement cette semaine. La rue devrait se faire une nouvelle fois entendre. De nouvelles manifestations sont prévues vendredi à l’appel des sept syndicats opposés à la réforme du Code du Travail. Deux nouvelles journées de grève et de manifestations sont annoncées pour les 17 et 19 mai.