Six mois après les attentats de Paris, peu de zones d’ombre subsistent

Ce 13 mai 2016 marque les six mois depuis les attentats de Paris. L'enquête a progressé, et les victimes ont touché les premières indemnisations.

Où en est l’enquête ?

Il reste peu de zones d’ombre. Sur les divers commandos, deux personnes n’ont pas été identifiés : Ahmad Al‐Mohammad et «Mohammad Al‐Mahmod». Le dernier membre vivant, Salah Abdeslam, a été arrêté à Molenbeek le 18 mars.

Les enquêteurs ont retracé la chronologie détaillée des faits et les personnes impliquées, mettant à jour une véritable galaxie djihadiste. Une vingtaine de suspects liés aux attentats de Paris et Bruxelles ont été arrêtés.

Parmi eux, Mohammed Abrini, dit “l’homme au chapeau” de l’aéroport de Zaventem. Il a été vu dans une voiture avec Abdeslam, la même qui a servi à convoyer à Paris les commandos. La police espère que lui et Abdeslam pourront lever les dernières zones d’ombre.

Qu’en est‐il des victimes ?

Le bilan s’élève à 130 morts. Sur les 413 blessés hospitalisés, 24 le sont toujours en région parisienne.

Le fond d’indemnisation des victimes a reçu 2 498 demandes. La plupart ont été approuvées. En tout, 300 à 350 millions d’euros vont être répartis, de quelques milliers d’euros à plusieurs dizaines de millions selon les victimes.

Les familles des victimes sont aussi exemptées d’impôt sur le revenu des défunts.

A l’exception du Bataclan, tous les lieux frappés le 13 novembre ont rouvert. La salle de concert parisienne le fera en décembre.

Les attentats auraient‐ils pu être évités ?

Difficile à dire. Les détails de la traque d’Abaaoud révèle que les services secrets français suivaient le Belge de longue date. Plusieurs fois, ils ont failli l’arrêter. Les Français savaient même quel scénario était prévu par l’organisation Etat islamique (EI), grâce aux informations révélées par Reda H., interrogé en août 2015. Depuis le 13 novembre et l’instauration de l’état d’urgence, 101 personnes ont été interpellées. Une quinzaine d’attentats ont été évités depuis 2013, selon Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur.

La commission d’enquête sur les attentats a relevé que le Samu avait été dépassé le 13 novembre, par la faute d’un système de communication vieillissant.

L’arrestation d’Abdeslam le 18 mars n’a pas empêché les attentats de Bruxelles, le 22. Ces derniers ont fait 32 morts et 340 blessés et ont été organisés et perpétrés par des terroristes déjà liés aux attentats de Paris.