Comment lire un sondage ?

A l’approche des présidentielles et en pleine campagne des primaires, le ballet des instituts de sondages a déjà commencé. Faiseurs d’opinions pour certains, véritable échantillon des idées d'une population pour d'autres, les sondeurs ont un rôle primordial. Petit guide pour apprendre à bien lire un sondage et à démêler le vrai du faux.

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  1. Les organismes reconnus

C’est la première condition pour qu’un sondage soit fiable. Une liste des instituts reconnus a par ailleurs été dressée par la commission des sondages. Seules les enquêtes d’opinion provenant de ces organismes doivent être prises au sérieux.

Ce n’est pas le cas pour les consultations en ligne (exemple avec le parti Les Républicains) qui sont utilisées à l’avantage de ceux qui les publient. Méfiance donc aux chiffres qui circulent sur internet.

Cependant, une autre question se pose : celle de l’indépendance des instituts de sondage. Un rapport de la Cour des Comptes datant de 2008 a révélé que 15 sondages (sur 35) commandés par l’Elysée ont été attribués par favoritisme. (De quoi délégitimer des sondages provenant pourtant d’organismes reconnus.) Il faut donc toujours faire attention, même quand un sondage provient d’un organisme reconnu.

  1. La méthode du sondage.

Lorsque qu’un sondage est fait par un établissement public reconnu, celui-ci en explique la méthode utilisée dans un souci de transparence. Il doit transmettre une notice d’information qui comporte les principales données nécessaires à la réalisation de l’enquête d’opinion. Il doit notifier, entre autres, l’objet du sondage, la méthode de constitution de l’échantillon et le texte intégral des questions posées.

Ces obligations légales sont décrites par la loi qui impose les règles à suivre pour les sondeurs.

  1. L’échantillon utilisé.

En ce qui concerne l’échantillon, la méthode utilisée est celle dite des “quotas”. Il s’agit d’interroger des personnes ayant les mêmes caractéristiques sociodémographiques que l’ensemble de la population. Des quotas précis peuvent être établis sur la base de l’INSEE qui fournit un outil statistique fiable.

Un autre problème se pose ici, celui des sous-échantillons. Comme exemple, le sondage publié lundi 3 octobre par BVA, qui place Arnaud Montebourg devant François Hollande pour les primaires de gauche avec quatre points d’avance. Mais au moment où le sondage a été fait, aucun des deux n’étaient candidats. Le Président n’a d’ailleurs toujours pas annoncé sa candidature. Donc pour avoir un chiffre à présenter, les sondeurs n’ont conservé que les réponses des personnes leur assurant qu’ils sont certains de voter à la primaire. Ce qui représente environ 4% des sondés, soit moins de 400 personnes sur 9 255 interrogées. De quoi donner un résultat que partiellement représentatif, avec une marge d’erreur importante.

  1. La question posée.

Enfin, la formulation de la question posée est très importante. Celle-ci ne doit en aucun cas influencer le sondé. En outre, la loi du 25 avril 2016 a rendu obligatoire pour la presse la publication du texte entier de la question posée aux sondés. Le but étant d’éviter au maximum l’interprétation et la mauvaise compréhension d’un sondage.

Bonus : pour expérimenter les limites des sondages, Libération a mis en place une calculette pour se tester face aux sondages.