La Banque mondiale prévoit la fin de l’extrême pauvreté pour 2030

La Banque mondiale a publié dimanche son rapport annuel, intitulé « Pauvreté et prospérité ». Les inégalités se réduisent et pourraient même disparaître en 2030.

Le constat en surprendra certains. L’extrême pauvreté recule, et pourrait même disparaître. C’est l’enseignement de la dernière étude de la Banque mondiale publiée la semaine dernière.

L’institution, qui aide financièrement les pays en voie de développement, publie aussi des rapports sur la pauvreté et les inégalités. Le dernier, rendu public le 2 octobre et intitulé « Pauvreté et prospérité partagée », est optimiste : au rythme actuel, l’extrême pauvreté pourrait disparaître en 2030.

Dans 60 des 84 pays couverts par le rapport, le revenu moyen de 40 % des personnes les plus pauvres a augmenté entre 2008 et 2013, malgré la crise financière.

Plus de 11% de la population mondiale vivait avec moins de 1,90 dollar par jour en 2013, soit 800 millions d’individus en situation d’extrême pauvreté. Si ce chiffre reste important, il est néanmoins meilleur qu’en 2012, où environ 100 millions de personnes en plus entraient dans cette catégorie. Pour atteindre l’objectif de faire disparaître l’extrême pauvreté d’ici 2030, la Banque mondiale mise sur la croissance des pays émergents et met en avant des pays comme le Brésil, le Cambodge, le Mali, le Pérou ou encore la Tanzanie.

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Convergences des revenus 

Pour la Banque mondiale, loin d’augmenter, les inégalités de revenus s’amenuisent même entre les citoyens depuis la crise. Cette amélioration est due à la convergence des revenus entre les pays, commencée en 1990 et qui s’est accélérée avec la crise, principalement grâce à la croissance des pays en voie de développement, comme la Chine ou l’Inde.

Mais le tableau n’est pas tout rose. Dans 34 pays, les écarts se sont creusés. Les revenus des 60% les plus riches ont beaucoup plus rapidement augmentés que le reste de la population. Autrement dit, comme les salaires des riches – déjà élevés – ont augmenté très rapidement, ils ont largement dépassés ceux du reste de la population.

Ce constat avait déjà été fait en 2014, par l’ONG Oxfam, qui constatait qu’1% de la population détient la moitié des richesses mondiales. A l’encontre de l’étude de la Banque mondiale, les chercheurs estimaient que les inégalités économiques explosaient dans un grand nombre de pays depuis le début de la crise économique en 2008 et que le phénomène n’était pas près de s’arrêter.

Une des raisons expliquant l’augmentation du nombre de pauvres réside aussi dans les naissances. Par exemple, le Cameroun a vu le taux de pauvreté passer de 39,9% à 37,5% entre 2007 et 2015, mais le nombre de Camerounais vivant en dessous du seuil de pauvreté monétaire est passé de 6,2 millions en 2001 à 7,1 millions en 2007 en raison du taux de natalité. Et, ce chiffre continue d’augmenter.

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Les six stratégies permettant de réduire la pauvreté

Pour atteindre faire disparaître l’extrême pauvreté d’ici 2030, la Banque mondiale recommande six stratégies, qui ont fait leurs preuves dans des pays émergents.

Développer la petite enfance et la nutrition Aider les enfants au cours des 1 000 premiers jours de leur vie pour éviter les carences nutritionnelles et le sous-développement .
Développer une couverture médicale universelle Permettre aux plus pauvres d’accéder à des soins abordables.
Accès universel à une éducation de qualité Chaque enfant doit bénéficier d’une éducation de qualité.
Transferts monétaires aux familles démunies Programmes qui fournissent aux ménages les plus pauvres un revenu de base qui permet aux enfants d’être scolarisés durablement et aux mères d’accéder à une prise en charge médicale essentielle. Ils peuvent également les aider à acheter des semences, des engrais ou du bétail et à surmonter des chocs dévastateurs, comme les sécheresses, les inondations, les pandémies, les crises économiques…
Infrastructures rurales, en particulier les routes et l’électrification La construction de routes dans les zones rurales réduit les frais de transport, relient les agriculteurs aux marchés qui peuvent y écouler leurs produits, facilitent les déplacements des travailleurs et améliorent l’accès aux écoles et aux dispensaires. Grâce à l’électricité, les petites entreprises familiales gagnent en viabilité et productivité, deux facteurs critiques dans les communautés rurales pauvres.
Fiscalité progressive Des impôts équitables et progressifs permettent de financer les politiques et les programmes publics requis pour équilibrer la donne et transférer des ressources aux plus pauvres.