Le conservatisme du Nobel d’économie en 3 chiffres

Le prix Nobel d'économie a été décerné ce matin aux économistes américano-britannique Oliver Hart et finlandais Bengt Holmström pour leurs travaux sur la théorie des contrats. Aussi prestigieuse qu'elle soit, cette récompense reste cependant très conservatrice. Trois chiffres pour le prouver.

Les deux lauréats 2016 du prix Nobel de l’économie, Oliver Hart et Bengt Holmström, n’échappent pas aux “canons” des éditions précédentes.

Ce sont des hommes, issus de pays occidentaux, et passés par de grandes universités outre-atlantiques. Princeton pour l’Américain Oliver Hart, et Stanford pour le Finlandais Bengt Holmström. Créé en 1968, cette distinction, prestigieuse, reste très conservatrice. La parité et l’égalité des chances ne semblent pas y avoir leur place.

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Seulement quatre lauréats du Nobel d’économie ne viennent pas d’un pays occidental.

Leonid Kantorovich, soviétique, pour sa théorie de l’allocation optimale des ressources (1975).

Arthur Lewis, de Sainte-Lucie (Caraïbes), pour son travail sur le développement économique.

L’Indien Amartya Sen, pour ses recherches sur l’économie du bien-être.

L’Israélien Robert Aumann se voit décerner le prix Nobel pour ses analyses sur la théorie des jeux.

Cependant, sur les 78 lauréats, 54(*) sont américains, soit un taux de 69%. Un déséquilibre criant.

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En 48 ans d’existence, le prix Nobel d’économie n’a été décerné qu’à une seule femme… Il s’agit d’Elinor Ostrom, récompensée en 2009 pour son « analyse de la gouvernance économique et en particulier, des biens communs ».  L’économiste et politologue américaine, décédée en 2012, a principalement travaillé sur la théorie de l’action collective, la gestion des biens communs et des biens publics. Elle était diplômée de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA).

Elinor Ostrom était professeur de sciences politiques quand elle a reçu le prix Nobel.
Elinor Ostrom était professeur de sciences politiques quand elle a reçu le prix Nobel en 2009.

Une propension à récompenser des hommes que l’on retrouve dans le jury du Nobel de médecine. (Pour en savoir plus, cliquez ici.)

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C’est le nombre de Nobel attribués à des chercheurs issus de l’université de Chicago, qui est l’une des universités les plus prestigieuses et les plus influentes du monde. Un record. C’est Milton Friedman qui, en 1976, est le premier Prix Nobel sous les couleurs de l’université. Il est le chef de file de l’école économique de pensée dite de Chicago. Un courant qui plébiscite une vision libérale, qui compte davantage sur la “main invisible” du marché que sur les interventions de l’Etat pour garantir la croissance économique.

L’école de Chicago défend le libre-marché. Pour cette raison, elle est souvent opposée au keynésianisme, qui estime que l’Etat doit intervenir dans le domaine économique, notamment en proposant une politique de relance.

(*) Les double-nationalités n’ont pas été prises en compte.