Les élections américaines, comment ça marche ?

Le 8 novembre 2016, les Américains voteront pour choisir un successeur au président Barack Obama. Mais comment fonctionne le système électoral américain ?

Aux Etats-Unis, la course à la Maison Blanche débute bien avant la date du vote final, qui a lieu en décembre. D’abord, les deux principaux partis — Démocrates et Républicains -, doivent désigner le candidat qui les représentera dans chacun des cinquante Etats. Pour cela, ils choisissent des délégués dans chaque Etat. Ils ont deux options : une réunion interne au parti (le Caucus), ou des primaires. Celles ci peuvent être ouvertes à tous ou réservées aux seuls membres du parti.

Puis ces délégués se réunissent, lors de la convention nationale des deux partis, pour désigner le candidat unique de leur parti, qui mènera la campagne jusqu’au bout. Ces conventions se déroulent pendant l’été de l’année qui précède celle de l’élection. Pour le scrutin de 2016, elles remontent à l’été 2015. Début septembre, les deux candidats sont finalement investis par leur parti respectif.

Arrive alors l’”Election Day” : le premier mardi de novembre, les citoyens votent dans leurs Etats pour choisir des grands électeurs. L’élection présidentielle américaine se fait au suffrage universel indirect. Le président des Etats-Unis n’est pas désigné directement par les citoyens américains mais par un Collège électoral, composé de 538 grands électeurs. Ils sont répartis dans chaque Etat en fonction du nombre d’élus de l’Etat en question au Congrès (c’est-à-dire le Sénat et Chambre des Représentants). Ils composent le Collège électoral. Etat le plus peuplé des Etats-Unis, la Californie compte 55 grands électeurs, alors que les Etats moins peuplés comme le Wyoming ou l’Alaska n’en comptent que trois, le minimum requis. Cette année, ce scrutin a lieu le 8 novembre.

Le président, désigné par les grands électeurs

Le candidat qui obtient la majorité des suffrages d’un Etat, rafle la totalité des votes des grands électeurs dans cet État. C’est ce que l’on appelle, le “winner takes all”. Conséquence de cette règle : les Etats indécis, appelés “swing states” deviennent le centre de la campagne électorale, car ils peuvent basculer en faveur d’un candidat ou de l’autre et s’avérer déterminants pour l’élection. Par exemple, la Floride a permis à George W. Bush de remporter l’élection en 2004 face à Al Gore, alors même qu’il avait obtenu moins de suffrages que son adversaire. Autre conséquence : le candidat qui, à l’échelle nationale, obtient le plus de voix de citoyens, peut perdre l’élection s’il a remporté les Etats qui ont le moins d’électeurs.

Le premier lundi qui suit le deuxième mercredi de décembre, soit le 12 décembre 2016 cette fois-ci, c’est au tour des grands électeurs de voter directement pour le président. Le candidat qui obtient la majorité absolue, soit 270 voix sur 538, est déclaré vainqueur. Les grands électeurs s’engagent à voter pour un candidat. Le non respect de cet engagement n’est pas puni par la Constitution des Etats-Unis mais certains Etats, vingt-quatre en tout, tentent de décourager un tel comportement, en prévoyant des sanctions. En Caroline du Nord par exemple, les électeurs “déloyaux” risquent une amende de 10 000 dollars. Dans le Michigan, leur vote peut même être annulé. Mais dans tous les Etats, la sanction la plus fréquente est l’exclusion politique.

Le président élu fait ensuite son discours d’investiture devant le Capitole et prête serment sur la Bible, le 20 janvier à midi lors de l’Inauguration Day. Il est alors président pour au moins quatre ans. Huit, si son mandat est renouvelé aux élections suivantes.

Le système électoral américain est bien différent du système français. Voilà pourquoi.
Le système électoral américain est bien différent du système français. Voilà pourquoi.