Le gouffre sans fond de la crise grecque en 3 chiffres

L'Eurogroupe, réunion mensuelle des ministres de la zone euro, se tient lundi 10 octobre à Luxembourg. Le déblocage de la dernière partie du plan de relance de 86 milliards d’euros à destination de la Grèce sera évoqué. 2,8 milliards d’euros pourraient être débloqués.

C’est le dernier épisode de la 3e saison. Les ministres des finances de la zone euro se rencontrent, lundi 10 octobre, pour évoquer les détails de la dernière partie du 3e plan d’aide (86 milliards d’euros) accordé à Athènes en 2015. Le point sur les montants accordés à la Grèce depuis le début de la crise.

2,8 milliards d’euros

Un an après avoir voté un troisième plan de relance à destination de la Grèce, les ministres de la zone euro devraient s’entendre, lundi 10 octobre, sur le déblocage de la dernière tranche du plan, estimée à 2,8 milliards d’euros. Pierre Moscovici, commissaire européen, s’est montré confiant :

J’ai bon espoir qu’à l’Eurogroupe, nous pourrons constater un accord qui ouvrira la voie au déboursement de la dernière tranche du programme de 2,8 milliards d’euros.”

Le versement de ces sommes vient marquer le terme de la première mission de contrôle du plan, qui aura duré près de huit mois. Dès le 17 octobre devrait commencer la deuxième revue.

86 milliards d’euros

Cette tranche, restée jusqu’ici en souffrance, fait partie du 3e plan d’aide. Le 13 juillet dernier, les dirigeants de la zone euro accordent cette nouvelle aide à la Grèce dans le but de regagner la confiance des créanciers. Athènes obtient près de 86 milliards d’euros de prêts sur 3 ans à certaines conditions. Alexis Tsipras, le premier ministre grec, doit notamment réformer la TVA (taxe sur la valeur ajoutée) et créer un institut national indépendant des statistiques pour veiller au respect des objectifs de surplus budgétaire fixé par le nouveau plan d’aide. Le marché du travail et de l’énergie doivent également se transformer.

Pour la première fois, le Fond monétaire international (FMI) n’a pas pris part aux négociations. L’institution gouvernée par Christine Lagarde estime que les objectifs fixés par les créanciers européens sont irréalistes tant qu’il n’y aura pas eu de consensus au sujet de l’allègement de la dette, évaluée à 178% en 2016.

433 milliards d’euros

2009, année de faillite pour la Grèce. Le déficit du pays est estimé à 12,7% du PIB (l’Union européenne accorde un déficit de 3% par an aux pays membres), la dette nationale dépasse les 300 milliards d’euros (113% du PIB) et le chômage explose. Pour éviter le scénario de faillite expérimenté par l’Argentine en 2001, les pays de la zone euro et le FMI mettent en place 3 plans de relance successifs. En 2010, le FMI, l’Union européenne et la Grèce s’accordent sur un plan de sauvetage de 110 milliards d’euros. Mais face à l’ampleur du problème, un deuxième plan d’aide international est mis sur pied deux ans après. Le montant du chèque dépasse les 237 milliards d’euros et les créanciers consentent à effacer une partie de la dette. L’an dernier, pour permettre à Athènes de rester dans la zone euro, l’Eurogroupe met sur pied un ultime plan d’aide évalué à 86 milliards d’euros sur trois ans. Au total, le FMI et l’Union européenne ont déboursé plus de 433 milliards d’euros sous formes d’aides et de prêts pour venir à bout de la crise grecque.