La vraie fausse “politique de gauche” de François Hollande

Jeudi 13 octobre, L'Obs a publié un long entretien avec François Hollande. Dans celui-ci, le Président défend son bilan et affirme avoir mené une "politique de gauche". Vraiment ?

 

Une politique de gauche, c’est réduire les inégalités fiscales” : capture-decran-2016-10-13-a-11-16-27

C’était l’une des promesses du candidat Hollande : rendre l’impôt plus progressif. C’est-à-dire faire payer plus aux plus riches et moins aux plus démunis. Après cinq ans de présidence, François Hollande a fini par rendre l’impôt plus progressif et, ainsi, réduire les inégalités fiscales.

Le quinquennat Hollande a été marqué par une véritable fièvre de mesures fiscales. Au total, plus de 400 ont été prises, suscitant ce qui a été parfois été dénoncé comme un « ras‐le‐bol fiscal ». Malgré tout, cette frénésie a accru la progressivité de l’impôt. Cela s’est fait avec, par exemple, une hausse d’impôt centrée sur les 10% les plus aisés, une baisse concentrée pour les classes moyennes et la prime d’activité qui cible les aide pour les petits revenus. Selon des chiffres du Trésor, 360 000 Français sont passés au dessus du seuil de pauvreté entre 2012 et 2015.

Enfin, le Président a annoncé des réductions d’impôt pour 2017 qui devraient faire gagner 200 euros par mois à 5 millions de foyer selon le gouvernement.

Une politique de gauche, c’est avoir diminué la part du nucléaire” : capture-decran-2016-10-13-a-11-45-11

François Hollande avait déclaré vouloir réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité de 75% à 50% à l’horizon 2025. Aujourd’hui, la promesse n’est pas tenue.

La loi du 17 août 2015 sur la transition énergétique prévoit la diminution de la part du nucléaire. Si celle‐ci prévoit bien de réduire la part du nucléaire de 75% à 50% en 2025, la publication pluriannuelle de l’énergie (PPE), qui est nécessaire pour sa mise en œuvre, n’a toujours pas été faite. Celle‐ci doit déterminer les modalités pour atteindre les objectifs fixés par la loi. Sa publication était prévue pour fin 2015 avant d’être plusieurs fois repoussée avant que Ségolène Royal ne lance, le 15 septembre dernier, un projet de PPE en ligne qui a valeur de consultation. Il s’agit de la dernière étape avant l’adoption de la PPE par décret, prévue en octobre.

En outre, en février dernier, la Cour des Comptes a publié un rapport qui émet des doutes quant à la mise en application de la loi sur la transition énergétique. Les investissements envisagés par EDF pourraient être remis en cause et supprimer des emplois.

Une politique de gauche, c’est avoir fait de l’Éducation nationale la priorité en créant 60 000 postes : capture-decran-2016-10-13-a-11-43-28

Le projet de loi sur la refondation de l’école, adopté le 25 juin 2013, prévoit la création de 60 000 postes dans l’éducation d’ici à 2017. Depuis 2012, 47 200 emplois ont été créé. Le 28 septembre, le ministère de l’éducation nationale a annoncé la création de 12 800 postes en 2017, ce qui porterait le total à 60 000.

A y regarder de plus près, ces 60 000 postes ne correspondent pas à autant d’emplois de titulaires. Ainsi, sur les 30 000 premières embauches, seules 4 000 ont concerné des emplois de titulaires, selon Le Monde. Le reste concerne des emplois stagiaires qui n’ont donc pas l’assurance de trouver un emploi en tant que titulaire.

En janvier dernier, le comité de suivi de la loi sur la refondation de l’école a conclu son rapport annuel par “peut mieux faire”. Dans un premier temps, le comité note l’encourageante priorité donnée à l’éducation. Mais note, ensuite, que la poussée démographique a “absorbé” les moyens donnés à l’éducation de sorte que sur le terrain ces efforts sont “peu visibles”.

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Rapport du Comité de suivi sur l’école