Foires, expositions… une nouvelle économie tient salon

Le Salon international de l’Alimentation ouvre dimanche 16 octobre au Parc des Expositions de Paris-Nord Villepinte. Les salons en France sont une opportunité économique pour de nombreux acteurs. Décryptage.

Liqueur à la carotte, boudin de polenta ou de quinoa à trancher, feuilles d’agrumes exotiques déshydratés, etc… Autant de produits alimentaires qui seront présentés et vendus au Salon international de l’Alimentation (SIAL), à partir du dimanche 16 octobre au Parc des Expositions de Paris-Nord Villepinte. Les visiteurs et professionnels rencontreront plus de 7 000 exposants, qui espèrent booster leurs ventes et contrats. Mais que vaut un stand dans un salon ? Décryptage.

5 à 6 mois de chiffre d’affaires en 5 jours

Les Expositions universelles, vitrines des savoir-faire nationaux, sont considérées comme les ancêtres des salons tels que nous les connaissons aujourd’hui. Tout au long du XXème siècle, les salons professionnels se sont multipliés et concernent deux types de secteurs d’activités. Ceux réservés aux professionnels, comme le Marche International du disque et de l’édition musicale (MIDEM) qui a lieu chaque année à Cannes, et ceux ouverts au grand public comme le Salon du chocolat à Paris. Dans l’un ou l’autre, les exposants peuvent faire de la vente directe, signer des contrats ou encore étoffer leur carnet d’adresses.

Il est difficile d’obtenir des chiffres précis sur les retombées économiques du SIAL. Seule une enquête interne, basée sur un sondage déclaratif auprès des exposants en 2014, est disponible. Elle conclut qu’en cinq jours de présence au SIAL, les entreprises gagnent l’équivalent de cinq à six mois de chiffre d’affaires. Un gain non négligeable pour un investissement variable. Le stand « premier prix », de 12 mètres carrés environ, coûte 5 000 euros. Et certains peuvent même payer moins cher s’ils décident de prendre un emplacement à plusieurs. Mais la manne financière que représentent les salons et foires en France dépasse le temps du salon et les seuls exposants.

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Très peu de contrats sont signés sur place, et nous ne vendons pas de produits directement, explique une responsable de l’Agence aquitaine de promotion agroalimentaire (AAPA), qui participe au SIAL depuis de nombreuses années. On ne ressent donc pas les retombées économiques immédiatement. C’est difficile de les chiffrer.” L’AAPA vient essentiellement à ce type d’événements pour la couverture médiatique et la visibilité auprès de potentiels clients.

17,7 millions de contrats signés par an

Selon une étude publiée en 2015 de l’Office de justification des statistiques des foires et salons (OJS), 17,7 millions de contrats sont signés chaque année. Problème : cet organisme, émanation des organisateurs, est juge et partie et a donc intérêt à vanter les retombées de ces événements auprès des futurs teneurs de stands.

Selon une autre étude, commandée par la Chambre de commerce et d’industrie de Paris, l’OJS et la Direction générale de la compétitivité, les exposants ont généré un chiffre d’affaire de 30,5 milliards d’euros grâce à leur présence sur les salons en 2010. Le quart est réalisé directement pendant le salon, tandis que le reste est acté dans les mois qui suivent.

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Les salons sont également une opportunité économique pour les villes accueillantes. A Cannes, deuxième ville française de salons professionnels internationaux, les participants boostent l’activité locale. Les hôtels, restaurants ou encore boutiques sont habitués à gérer ces pics d’activités. En 2009, le tourisme d’affaires représentait 25 % de la richesse locale.

A l’échelle nationale, les étrangers sont aussi très actifs pendant les salons. Ils sont à l’origine de 37 % des dépenses, soit 2,1 milliards d’euros, alors qu’ils ne représentent que 17 % des exposants.

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Un risque d’espionnage industriel

Le revers de cette visibilité est que le savoir-faire des entreprises est aussi exposé à leurs concurrents. Selon le délégué interministériel à l’intelligence économique rapporté par BFM, 1 000 affaires d’espionnage industriel ont été recensées en 2010 en France.

En outre, depuis quelques années, les salons sont en concurrence les uns avec les autres au niveau international. Ce sont principalement l’Allemagne et les pays asiatiques qui concurrencent les salons français. Par exemple, les allemands dépensent dix fois plus chaque année pour promouvoir les salons. Ils y parviennent, en partie, grâce à l’investissement public massif dans ce secteur.