Primaire de la droite : adversaires, mais d’accord sur (presque) tout

Le premier débat de la primaire de la droite et du centre se tient ce jeudi à 21 heures. Sept candidats s’affronteront autour des questions économique, sociale et sécuritaire. Mais une analyse des propositions de chacun démontre une convergence des opinions sur ces thèmes.

Il faut restaurer les peines planchers.” Cette proposition martelée par son auteur depuis le début de la campagne, est l’un des marqueurs du programme d’Alain Juppé. Mais elle figure également dans les programmes de Nathalie Kosciusko-Morizet, Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé, Bruno Le Maire et Jean-Frédéric Poisson. Cette unanimité sur une proposition n’est pas un cas isolé dans le débat qui anime les rangs des Républicains. Sept candidats, sept programmes, mais très souvent une seule et même opinion. Passage en revue des principales propositions des candidats à la primaire de la droite.

Premier grand rendez-vous de cette campagne : le débat organisé jeudi 13 octobre à 21 heures sur TF1. A six semaines du premier tour, les adversaires débattront pendant deux heures d’émission, dans un format très cadré. Les thèmes abordés — l’économie, le social et la sécurité — sont déjà connus. En dépit de certaines nuances, l’analyse des propositions de chaque impétrant démontre une convergence des opinions sur la majorité de ces questions.

Economie et social

Comme pour les mesures préconisées en matière de sécurité, nous avons ici regroupé les propositions les plus récurrentes dans les programmes. Elles constituent une sorte de socle commun, auquel chaque candidat greffe ensuite des mesures plus spécifiques.

alluvial - économie - social

En matière économique et sociale, deux mesures, à même de fédérer toutes les voix de droite, font l’unanimité : le durcissement des aides sociales accordées aux étrangers et la réduction du nombre de fonctionnaires en-dehors des services régaliens. D’autres, comme la sortie des 35 heures, la disparition des régimes spéciaux de retraite ou la suppression de l’impôt sur la fortune, sont tout de même préconisées par six candidats sur sept. En revanche, la suppression des cotisations patronales sur le Smic, plus clivante, n’est proposée que par deux candidats.

Parmi ces propositions phares, il peut toutefois y avoir des divergences de taille. Par exemple, sur le durcissement des aides sociales perçues par les ressortissants étrangers, Bruno Le Maire et Nicolas Sarkozy réclament une suppression pure et simple de l’aide médicale d’Etat, dont bénéficient les personnes en situation irrégulière. Alain Juppé se contenterait, quant à lui, de la “restreindre aux situations d’urgence”.

Mais le plus souvent, ces divergences sont relativement bénignes. Sur le recul de l’âge légal de départ à la retraite, Jean-François Copé, François Fillon et Alain Juppé militent pour une retraite à 65 ans. Nicolas Sarkozy, 64. Quant à Bruno Le Maire, il prétend “décaler l’âge de départ de 62 à 65 ans, par paliers de 5 mois par année, à compter du 1er juin 2018, à partir de la génération née en 1956”. 

Sécurité

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Concernant la sécurité, trois propositions semblent inévitables pour les candidats : la création de places de prison, le renforcement du contrôle des imams et le rétablissement des peines planchers. Là encore, le contexte des attentats a pu jouer sur l’inflexion sécuritaire des propositions des candidats.

Sans faire l’unanimité, certaines mesures réunissent chacune quatre candidats sur sept : la rétention des individus suspectés de jihadisme, la pleine exécution des peines, l’expulsion des étrangers fichés S ou l’augmentation des forces de l’ordre. Néanmoins, seuls Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé s’accordent sur la création d’un parquet anti-terroriste.

Sur la création de places de prison, les candidats sont d’accord sur le principe mais les avis divergent sur le nombre exact, fixé par chaque candidat sans réelle justification. Alain Juppé et Bruno Le Maire évaluent cette nécessité à 10 000 places. Nicolas Sarkozy, Nathalie Kosciusko-Morizet et Jean-François Copé prônent le double. François Fillon en recommande 16 000, la palme de l’ambition revenant à Jean-Frédéric Poisson et ses 30 000 places.

Autre mesure réunissant tous les suffrages : la création d’un nouveau service national. Le contenant fait consensus, le contenu reste à définir. Nicolas Sarkozy entend mettre en place un “service militaire adapté” pour “réapprendre les règles de vie en commun aux décrocheurs”, à savoir toute personne qui à 18 ans n’aurait pas son bac, ne serait ni en apprentissage, ni en formation, ni en stage. Chez Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-François Copé et Jean-Frédéric Poisson, les appellations et les durées varient : la première propose un “service national” de trois mois, mixte, visant à “travailler la cohésion, apprendre les gestes qui défendent et apprendre les gestes qui sauvent” ; le député-maire de Meaux exige un “service civique obligatoire” de six mois “pour accomplir des missions de service public” ; enfin, le président du Parti chrétien-démocrate prône la création d’un “service national et universel” de dix mois, “militaire dans la seule limite des besoins des armées” mais pouvant être “social, environnemental, associatif, scolaire”.

Des propositions multiples (les mille pages du programme de Bruno Le Maire), des éléments de langage variés, mais au final, des programmes très ressemblants.