Primaire de la droite : les chiffres pour se repérer dans le débat

Les candidats à la primaire de la droite se retrouveront ce jeudi 13 mai sur le plateau de TF1 pour débattre de leur programme respectif. Voici quelques chiffres pour mieux saisir la confrontation entre les prétendants de droite à la présidence de la République.

Difficile de s’y retrouver dans les programmes des sept candidats à la primaire de la droite : Nathalie Kosciusko-Morizet, Alain Juppé, Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire, François Fillon, Jean-François Copé et Jean-Frederic Poisson.

Les lignes politiques définies par leurs projets sont très proches et pourtant, le débat qui les opposera ce jeudi 13 octobre sur TF1 s’annonce mouvementé. Les prétendants à la présidence de la République devraient s’opposer sur les chiffres, un des vrais clivages entre les programmes des candidats.

Moins de dépenses publiques, moins de fonctionnaires, moins d’impôts, moins de charges sur les entreprises, plus de places en prison… Si certaines propositions sont plutôt modérés, d’autres s’inscrivent dans une politique beaucoup plus radicale, sans jamais oublier de s’en prendre à l’action de François Hollande au cours de ces cinq dernières années.

Entre attaques, exagérations et flous volontaires, l’exactitude pourrait être la première victime de ce débat. Mais, grâce à ce guide, vous n’en serez pas dupe.

Les entreprises mal loties ?

Les candidats à la primaire de la droite sont convaincus que la baisse du chômage doit passer par une politique favorable aux entreprises. Premier chantier qu’ils veulent engager : la baisse de l’impôt sur les sociétés (IS). Souvent pointé du doigt, ce chiffre est certes bien au dessus de la moyenne européenne (qui a fortement chuté ces dernières années en s’établissant à 25%) mais à 33%, la France se situe juste devant l’Allemagne (30%).

Pour rappel, voici les propositions des candidats :

is

Des dépenses publiques dispendieuses ?

Pour financer ces cadeaux aux entreprises, les candidats à la primaire de la droite comptent faire des économies drastiques en réduisant les dépenses publiques. Jean-François Copé et Bruno Le Maire souhaitent ramener la dépense publique à 50% du PIB, contre 56% aujourd’hui et 57% à la fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Une des mesures phare de ces économies consiste à réduire fortement le nombre de fonctionnaires et d’inverser la tendance à la hausse observée sous le quinquennat de François Hollande. Ils sont aujourd’hui 5,6 millions. C’est 400 000 de plus qu’au début de l’année 2012, soit une hausse de 7.7%.

fonctionnaires

Le point névralgique des impôts

Les promesses de baisses d’impôts font leur retour, comme à chaque campagne présidentielle. Certes, ils ne s’accordent pas tous sur une baisse des impôts, mais ils se retrouvent pour dénoncer la politique fiscale menée par François Hollande au cours de son quinquennat.

En réalité, sous François Hollande, les hausses d’impôts se sont concentrées sur les ménages les plus aisés avant d’être réduits pour les classes moyennes. Au total, l’impôt sur le revenu a augmenté de 40 milliards d’euros en cinq ans.

Voici les ambitions de baisses d’impôts pour les candidats à la primaire :

sans-titre-2

Des places de prison très prisées

C’est un des rares chiffres que l’on peut trouver dans le projet de Jean-Frédéric Poisson pour la primaire. Le président du Parti chrétien démocrate surpasse tous ses adversaires sur la construction de places de prison.

prison

Ces chiffres annoncés surpassent de loin les 1 325 places de prison qui ont été construites au cours du quinquennat de François Hollande. En France, le nombre de places de prison s’élevait à 58 311 pour 68 253 personnes incarcérées au 1er septembre 2016.

L’AME dans le viseur

L’Aide médicale d’État (AME) cristallise le débat autour des aides accordées aux immigrés. Cette aide leur permet de bénéficier des soins médicaux gratuits durant une année (renouvelable) s’ils justifient d’une adresse en France et s’ils ont gagné moins de 9 631 euros l’année précédente. Elle devrait coûter 744,5 millions en 2016 d’après le ministère de la Santé. Pour tous les candidats, qui n’hésitent pas à évoquer des chiffres parfois fantaisistes sur le coût du dispositif, une réforme, voire une suppression, de l’AME est nécessaire.

ame