Affaire de la salafiste rémoise : l’interdiction de quitter le territoire est levée

Le tribunal administratif de Paris a donné raison ce mardi à la jeune salafiste française qui contestait son interdiction de quitter le territoire ordonnée par le ministère de l'Intérieur un an plus tôt. Le tribunal estime que «l'administration n'apporte aucun élément de nature à justifier» que la jeune femme «projetterait de partir à destination d'un théâtre d'opérations de groupements terroristes».

La décision est tombée, la salafiste rémoise de 18 ans a obtenu gain de cause ce mardi matin. L’arrêté du ministère de l’Intérieur actant son interdiction de sortie du territoire du 15 octobre 2015 renouvelé le 20 mai 2016 est annulé, la jeune fille est à présent libre de quitter la France. Le tribunal a reconnu qu’elle «exerce une pratique religieuse rigoureuse » et qu’elle « entretient des liens avec la mouvance salafiste » mais ces éléments ne suffisent pas à maintenir l’interdiction, qui est une “erreur d’appréciation” du ministère de l’Intérieur.

Mercredi 4 octobre, elle avait contesté devant le tribunal la mesure « contre-productive » du ministère de l’Intérieur, ne comprenant pas l’attitude de l’Etat qui la prive de ses papiers et l’isole. Une démarche qui, selon elle, « pousse des gens à aller vers Daesh ». Son avocat Emmanuel Ludot a mis en cause les méthodes du gouvernement qui « se fondent sur la parole d’une mère en conflit avec sa fille ». Il témoigne ce mardi : « Je suis satisfait parce que j’espère qu’il y aura un coup d’arrêt à l’excès de sécuritaire ».

La jeune fille scolarisée dans un lycée catholique de Reims s’était radicalisée il y a deux ans et avait projeté de gagner l’Arabie Saoudite, se sentant mal en France. Sa mère l’avait signalée auprès de la plateforme du Centre national d’assistance et de prévention de la radicalisation (CNAPAR) le 29 septembre 2015 avant qu’elle quitte le domicile familial dix jours plus tard. La police l’avait retrouvée le 10 octobre à Saint-Etienne, “en compagnie de personnes appartenant à la mouvance salafiste”.

Cette décision n’a pas manqué de faire réagir sur les réseaux sociaux, notamment Alain Houpert, sénateur de la Côte-d’Or, membre groupe Les Républicains du Sénat et Nathalie Germain, secrétaire FN du canton de la Tour du Pin, Isère.

https://twitter.com/NatGermain/status/788298785118117888

lb (AFP)