Conflit au Yémen : un fragile cessez le feu doit entrer en vigueur mercredi soir

Les Nations Unies ont annoncé ce lundi l'instauration d'un cessez-le-feu de 72 heures - renouvelable - au Yémen, à partir du 19 octobre au soir, après avoir reçu les engagements de la part de toutes les parties concernées par le conflit.

Annoncé ce lundi par l’Onu, un cessez‐le‐feu de 72 heures — renouvelable — doit entrer en vigueur dans la nuit de mercredi à jeudi sur tout le territoire du Yémen.

Le conflit oppose — depuis son internationalisation en mars 2015 — les forces du président Hadi, soutenu par la coalition militaire arabo‐sunnite (commandée par l’Arabie Saoudite) et des rebelles chiites Houthis, alliés à des forces fidèles à l’ex-chef d’Etat Ali Abdallah Saleh.

L’entrée en vigueur du cessez‐le‐feu est prévue ce mercredi 19 octobre à 23h59 locales, a précisé l’émissaire de l’ONU Ould Cheikh Ahmed dans un communiqué. Il vise, selon ses termes, à épargner « à la population yéménite de nouvelles effusions de sang et permettra d’étendre la livraison de l’aide humanitaire ».

Le bilan du conflit est lourd. Depuis l’ouverture des premières hostilités en juillet 2014, 10 000 personnes ont été tuées et 30 000 ont été blessées. On dénombre également 3 millions de déplacés et 200 000 exilés. Au total, aujourd’hui, 20 millions de Yéménites, soit 80% de la population, ont besoin d’une assistance, selon l’ONU. Parmi eux, 5 million d’enfants souffrent de malnutrition, selon l’Unicef.

Dans ce contexte, Le médiateur de l’ONU a affirmé avec fermeté que les belligérants “ont obligation de permettre un accès humanitaire libre et sans entraves” et de cesser “les activités militaires de toute nature”, conformément aux termes de la dernière trêve d’avril 2016 qui avait volé en éclats.

Un apaisement difficile qui fait suite à une escalade de la violence

Le 8 octobre dernier, le bombardement d’une cérémonie funéraire à Sanaa avait fait plus de 140 morts, suscitant l’indignation de la communauté internationale. Ban Ki‐moon le Secrétaire général de l’ONU l’avait qualifié d’ « attaque odieuse » et d’ « incident horrible », ce qui l’avait conduit à réaffirmer l’urgence à établir un cessez‐le‐feu.

Dans un communiqué publié le lundi 10 octobre, il avait appelé à  « une cessation des hostilités comme seule façon de protéger les civils, et à une reprise des pourparlers politiques comme seul moyen de mettre fin au conflit ».

A propos de la campagne aérienne intensive de la coalition arabe, qui soutient les forces pro‐Had, le Secrétaire général de l’ONU avait également déploré : « d’immenses carnages » et la destruction d’ « une grande partie des installations médicales du pays, ainsi que d’autres infrastructures civiles essentielles ».

En réaction à cette recrudescence des affrontements, le Haut‐Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) avait annoncé dans le communiqué la création d’un organe international indépendant pour mener des « enquêtes exhaustives sur les violations présumées du droit international humanitaire et des droits humains ».

Après l’échec des négociations de paix qui étaient en cours au Koweit et 5 tentatives de cessez‐le‐feu infructueuses, celui prévu ce mercredi soir cristallise désormais le principal espoir d’un règlement du conflit yéménite. Toutefois, les rebelles chiites houthis n’ont pas encore réagi à son annonce. Actuellement, ils contrôlent toujours Sanaa, la capitale, et des régions du nord, de l’ouest et du centre du pays, alors que les leurs adversaires pro Hadi peinent à avancer.

 

 

Avec AFP