Naufrage du Bugaled Breizh : la piste du sous-marin refait surface

Un sous-marin américain était présent près du lieu de naufrage du chalutier breton, a révélé le quotidien régional Le Télégramme mardi 18 octobre. Ce nouvel élément conforte l’hypothèse défendue par les familles des cinq marins disparus et écartée par la justice française.

Douze ans après le naufrage du Bugaled Breizh, le Télégramme confirme dans son édition du mardi 18 octobre la présence d’un sous-marin américain sur les lieux du drame qui a coûté la vie à cinq marins.

D’après des documents déclassés de l’US Navy consultés par le quotidien régional, le sous-marin nucléaire d’attaque USS Hyman G. Rickover a quitté Portsmouth (sud de l’Angleterre) en décembre 2003 pour mener une mission anti-terroriste en Atlantique-Nord, avant de réapparaître en février 2004 à Tromso en Norvège. Portsmouth est à 370 km du lieu du naufrage.

L'itinéraire du sous-marin USS Hyman G. Rickover aurait croisé celui du chalutier Bugaled Breizh, provoquant sa perte.
L’itinéraire du sous-marin USS Hyman G. Rickover aurait croisé celui du chalutier Bugaled Breizh, provoquant sa perte.

Cette nouvelle information confirme l’hypothèse des familles des victimes.

Selon elles, le 15 janvier 2004, le Bugaled Breizh a été entraîné par le fond par un sous-marin qui s’est pris accidentellement dans ses filets. Le chalutier breton a été retrouvé par 80 km de fond à cap Lizard (en Grande-Bretagne), dans une zone où se déroulait un exercice militaire international de l’OTAN et de la Marine britannique. Il a coulé en quelques dizaines de secondes.

« Au moment où la justice anglaise se saisit très activement de l’affaire (…) Le fait que tombe du ciel cette information me laisse extrêmement prudent », tempère Dominique Tricaud, avocat des enfants d’une victime, qui privilégie l’hypothèse de l’implication d’un sous-marin britannique, le Turbulent. Avant d’ajouter : « Les mensonges prouvés et les manipulations, on n’a vu que ça depuis 12 ans. »

Une thèse que n’a pas considérée la justice française : la Cour de Cassation a prononcé un non-lieu le 21 juin 2016. Une nouvelle procédure débute devant la justice britannique début 2017. Et les révélations du Télégramme pourraient permettre au procureur de la République de Nantes de rouvrir l’enquête en France.