Les chantiers navals de Saint-Nazaire sont mis en vente

La justice sud-coréenne a décidé ce mercredi de mettre en vente le constructeur STX, propriétaire des chantiers navals de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) aux côtés de l'Etat français.

Le constructeur naval sud-coréen STX Offshore & Shipbuilding, en difficulté financière, a été mis en vente mercredi par la justice à Séoul, en même temps que sa filiale tricolore STX France, basée à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) et quant à elle florissante.

Détenue à 66,66% par le sud-coréen depuis 2008 et à 33,34% par l’Etat français, STX France compte 2 600 salariés et fait travailler environ 5.000 sous-traitants. L’entreprise, seule unité profitable de STX Offshore & Shipbuilding, dispose d’un carnet de commandes très bien rempli :14 paquebots de croisière à construire d’ici 2026 pour deux gros clients, l’italo-suisse MSC Croisières et l’américain Royal Caribbean.

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“Les candidats peuvent faire une offre pour l’une ou l’autre des deux compagnies ou pour les deux à la fois”, dit l’avis d’appel d’offres publié sur ordre du tribunal de commerce du district central de Séoul.

Or, une vente en bloc risque de mettre financièrement hors course deux candidats industriels européens intéressés par STX France, le Néerlandais Damen et l’Italien Fincantieri. Alors que le site français est estimé entre 100 et 200 M€, les prix devraient tendre à la hausse à cause de la possibilité d’achat en bloc décidée par les juges sud-coréens.

Force ouvrière demande la nationalisation

Le risque de voir le fleuron français repris par un acquéreur “prédateur”, notamment chinois, inquiète les syndicats. Jean-Marc Pérez, délégué FO au sein de STX France, estime que l’Etat doit nationaliser les chantiers navals de Saint-Nazaire, temporairement ou définitivement.

La semaine dernière, le gouvernement a déjà indiqué qu’il n’envisageait pas de nationaliser pour faire barrage à certains acquéreurs. Mardi, le ministre de l’Economie Michel Sapin a affirmé que ” l’Etat a aujourd’hui la capacité de s’opposer à la prise de participation d’actionnaires qui nous paraîtraient mauvais pour la continuité économique et sociale”, suite à une question du député Jean-François Lamour (LR) posée devant l’Assemblée nationale. S’ajoute le décret dit Alstom, qui depuis 2014 permet au gouvernement d’interdire la vente d’une entreprise française à un groupe étranger quand les intérêts stratégiques du pays sont menacés. Michel Sapin n’a toutefois pas évoqué explicitement ce décret.

Une maison-mère en difficulté depuis des années

Le placement en redressement judiciaire de STX a eu lieu en mai dernier, à la demande du groupe. Il fait suite à plusieurs années de pertes croissantes, provoquées par une gestion défaillante et une demande globale en berne.

Les offres définitives de rachat doivent être déposées le 4 novembre en Corée. L’acquéreur doit être officialisé le 11 novembre, jour où les banques créancières de STX et autres parties intéressées donneront, ou non, leur feu vert au projet de réhabilitation du groupe. En cas de rejet, STX risque la liquidation.