Wikileaks, l’épine dans le pied d’Hillary Clinton

A quelques heures de l'ultime débat entre Donald Trump et Hillary Clinton avant la présidentielle du 8 novembre, la candidate démocrate parait presque intouchable.  Pourtant, l'organisation Wikileaks en a fait son principal ennemi et tente à tout prix de la déstabiliser. 

Donald Trump, qui enchaîne les frasques depuis le début de la campagne présidentielle américaine, apparait logiquement perdant le 8 novembre prochain. Pourtant le candidat républicain bénéficie d’un soutien de taille, qui fragilise depuis le début de la campagne Hillary Clinton.

Wikileaks, l’organisation américaine spécialisée dans la fuite de documents confidentiels, ne cache pas son aversion pour la candidate démocrate. Dans une tribune publiée par Julian Assange, son fondateur, écrivait en février «J’ai passé des années à étudier Hillary Clinton. Elle manque de jugement et poussera les Etats-Unis à se lancer dans des guerres stupides et sans fin qui répandront le terrorisme. Sa personnalité, alliée à de mauvaises décisions politiques ont directement contribué à la montée de Daech»

Au début de la campagne, Wikileaks a donc soutenu Bernie Sanders, le rival démocrate de l’ex-secrétaire d’Etat américaine. Cet été, l’organisation avait même publié des milliers de couriers du Comité national démocrate, montrant que le parti démocrate avait sabordé sa campagne, pour privilégier celle d’Hillary Clinton.

Mais depuis plusieurs mois, les actions de Wikileaks visent surtout à affaiblir la candidate démocrate Hillary Clinton. L’organisation ne soutient pas intentionnellement les républicains et leur candidat Donald Trump, mais affiche une telle détestation de l’ex-première dame que les documents qu’elle publie sont autant d’armes en plus pour les républicains.

Ainsi, comme l’avait promis Julian Assange, chaque semaine, le site publie des révélations sur la campagne américaine. A ce jour, Wikileaks a rendu public plus de 15 000 mails du directeur de campagne de la candidate démocrate, John Podesta. Julian Assange assure en détenir plus de 50 000 au total,  de quoi tenir jusqu’au vote du 8 novembre.

Ce que l’on apprend dans les mails

Les échanges de mails mettent en lumière la proximité d’Hillary Clinton avec Wall Street. Notamment par la transcription de trois conférences payantes qu’elle a données lors d’événements organisés par la banque Goldman Sachs.

Mais les révélations les plus embarrassantes de Wikileaks concernent la fondation Clinton. L’ancienne secrétaire d’Etat est accusée d’avoir reçu de l’argent entre 2009 et 2013 de donateurs étrangers, d’Etats, d’entreprises et de particuliers en échange de faveurs de l’administration américaine.

Dans un autre message piraté, la candidate démocrate évoque le soutien “logistique et financier” du Qatar et de l’Arabie saoudite, alliés des Etats-Unis, à l’organisation Etat islamique (EI).

Les révélations de Wikileaks montrent aussi à quel point la campagne d’Hillary Clinton a été minutieusement préparée dès début 2014 alors que son officialisation s’est faite un peu plus d’un an plus tard, le 12 avril 2015.

“Jamais dans l’histoire de notre pays, nous sommes-nous retrouvés dans une situation où un adversaire, un pouvoir étranger, fait tant d’efforts pour influencer le résultat de cette élection” s’est exclamée Hillary Clinton lors du 2ème débat télévisé.

Chez les démocrates, les mails n’ont pas été commentés sur le fond. Mais ils accusent Wikileaks d’avoir publié le fruit d’un piratage de la Russie, qui, elle aussi souhaite voir la victoire de Donald Trump.

Pour Donald Trump, la publication de ces mails est du pain béni. Alors que les sondages le donnent grand perdant, il tentera surement de s’y accrocher pour contre-attaquer lors du troisième et ultime débat télévisé.