A Mossoul, le plus dur commence pour la coalition

Quinze kilomètres séparent désormais les forces irakiennes de la ville de Mossoul. Si l’offensive connaît une progression rapide depuis son lancement, les choses devraient se compliquer ce jeudi.

Mossoul n’a jamais semblé aussi proche. Soutenues par des milices chiites financées par l’Iran, des milices sunnites entrainées par la Turquie, mais aussi des forces kurdes, les forces gouvernementales irakiennes connaissent jusqu’à maintenant un parcours sans‐fautes. Les offensives, lancées mardi, ont déjà permis la reprise d’une quinzaine de villes aux alentours de Mossoul. A moins de 15 kilomètres de la ville, les forces gouvernementales s’apprêtent à démarrer, ce jeudi, une attaque pour percer les lignes djihadistes qui encerclent le fief de l’Etat Islamique.

Une percée significative au sud‐est de Mossoul

Les forces impliquées dans l’offensive sur Mossoul avancent actuellement depuis deux bases: Khazir à l’Est, et Qayyarah au Sud. Soutenus par les forces gouvernementales, les combattants kurdes ont réussi, mardi, à pénétrer dans plusieurs quartiers de Qaraqosh, située à 15 kilomètres au sud‐est de Mossoul. Une avancée symbolique : la cité était, avant l’arrivée de l’organisation islamique sur son territoire en 2014, la plus grande ville chrétienne d’Irak. Au Sud, les forces gouvernementales, accompagnées de milices chiites, sont entrées mardi dans le village de Bajwaniyah, situé à 30 kilomètres de Mossoul. Une quinzaine d’autres villages, principalement à l’Est, auraient également été libérés de l’Etat Islamique.

 

Une intensification des combats dès jeudi 

Encourageante, l’avancée des forces au sol devrait ralentir dès ce jeudi. Une offensive, destinée à percer les lignes djihadistes entourant Mossoul, sera lancée conjointement par les forces irakiennes, les Kurdes, et les milices sunnites soutenues par la Turquie. Si l’EI ne s’est pas montré très entreprenant dans la conservation des villages perdus, sa résistance devrait, à quelques kilomètres de son fief, être toute autre. L’organisation possède en effet des milliers de soldats en périphérie, et une stratégie bien particulière : l’utilisation de boucliers humains pour lutter contre l’adversaire. Une configuration dont ont conscience les forces de la coalitions, qui devront cibler leurs frappes afin d’éviter un nouveau drame humanitaire.

Les deux camps dans l’incertitude

Un élément pourrait cependant faciliter la tâche des forces irakiennes : de nombreux chefs de l’Etat Islamique auraient déjà quitté la ville de Mossoul. Une information qui, si elle se confirmait, permettrait à la coalition d’envisager une percée rapide jusqu’aux abords directs de la ville, pour aborder le combat final dans les meilleures dispositions. Seulement, le rapport de force pourrait très vite s’inverser. Le premier ministre Al‐Abadi l’a déjà annoncé : seules les force gouvernementales irakiennes pénétreront dans Mossoul. Les milices chiites et les Kurdes, qui combattent actuellement à leurs côtés, seront exclus des combats. L’éviction des combattants chiites résulte d’un accord entre l’Irak et la Turquie. Certains de ces groupes se seraient rendus coupables, dans le passé, d’exactions envers des populations sunnites. Soucieux de se poser en « père protecteur » des sunnites prochainement libérés, le président turc Receip Erdogan a fait de cet accord une condition sine qua non à la participation de son pays aux attaques. La mise à l’écart des Kurdes émane, quant à elle, d’une décision purement politique de l’Etat irakien. Le gouvernement sait que les Peshmergas revendiqueront, une fois la bataille terminée, le rattachement de Mossoul à leur territoire.

François Hollande met en garde contre la fuite des djihadistes de Mossoul vers Raqqa
Alors que les combats se poursuivent à Mossoul, François Hollande a mis en garde la communauté internationale contre une potentielle fuite des djihadistes vers Raqqa. «Nous devons être exemplaires sur le plan de la poursuite des terroristes qui déjà quittent Mossoul pour rejoindre Raqqa » a souligné le président de la République lundi après‐midi à Paris, au cours d’une réunion réunissant les représentants d’une vingtaine de pays engagés dans le combat.

 

Les forces en présence à Mossoul

30000 soldats des forces gouvernementales irakiennes
4000 Kurdes (Peshmerga)
4000 combattants sunnites de la “Garde de Ninive”, formés par la Turquie
Plusieurs milliers de miliciens chiites, majoritairement soutenues pas l’Iran
60 pays membres de la coalition internationale, dirigés par les USA