Débat Clinton-Trump : démêler le vrai du faux

Donald Trump et Hillary Clinton se sont affrontés mercredi soir à l’occasion du troisième et dernier face-à-face de la campagne en vue des élections américaines du 8 novembre prochain.

Un dernier débat avant les élections présidentielles américaines haut en couleur, ce mercredi. Hillary Clinton et Donald Trump se sont affrontés dans un duel de phrases chocs et de coups bas. Rétrospective sur certains de leurs propos pour démêler le vrai du faux.

Trump prêt à contester les résultats du scrutin

Le candidat républicain a de nouveau dénoncé, comme il l’a déjà fait plusieurs fois depuis quelques jours, un vote « truqué » d’avance. Donald Trump a affirmé que « des millions de personnes » étaient inscrites à tort sur les listes électorales et qu’il n’était pas certain d’accepter les résultats du scrutin. « Je vous laisse dans le suspense » a‑t-il déclaré, avant d’entendre la candidate démocrate répliquer : « C’est terrifiant. Il dénigre et rabaisse notre démocratie. Je suis atterrée que le candidat de l’un de nos deux grands partis adopte ce genre de position. »

La situation est inédite. Jamais aucun candidat américain n'avait annoncé à l'avance et sans raison valable qu'il considérait le vote comme "truqué" et qu'il s'apprêtait à en contester les résultats. Cela s'oppose d'ailleurs à des règles tacites pour candidater à la plus haute fonction de l'État, cette tradition datant du XVIIIe siècle dites du "transfert pacifique du pouvoir" ».

Le candidat républicain et les théories du complot

Hillary Clinton a de nouveau mis en garde contre les théories du complot promues par son rival. Outre le votre truqué, celui-ci a en effet déclaré que la bataille de Mossoul, lancée il y a quelques jours par l’armée irakienne pour reprendre la ville des mains de Daesh, n’était qu’un plan pour faire élire Hillary Clinton en lui donnant l’image d’une « dure ».

Bien que cette attaque soit soutenue par la coalition internationale, elle-même menée par les États-Unis, le raccourci est plus qu'exagéré. L'objectif pour Donald Trump est de mettre dans sa poche une partie de l'électorat américain adhérant aux théories complotistes dont il est lui-même particulièrement friand. À cela, la réponse d'Hillary est cinglante : "Je suis étonnée qu'il puisse penser que le gouvernement irakien, nos alliés, et tous les autres, puissent lancer une attaque à Mossoul juste pour m'aider dans cette élection, mais c'est ça la façon de penser de Donald. Il est toujours en train de rechercher un complot."

Clinton traite son adversaire de « marionnette de Poutine »

L’exagération change de camp quand Hillary Clinton déclare, suite à un houleux échange sur la Russie, que Vladimir Poutine « préfère avoir une marionnette en tant que président des États-Unis ». La candidate démocrate accuse en effet le président russe — en le nommant directement — d’avoir piraté des sites internet américains afin de livrer certaines informations volées à Wikileaks, afin d’interférer dans la campagne au profit du milliardaire.

Si celui-ci ne cache pas être intéressé par une future alliance avec la Russie, l'accusation est forte. "Je ne connais pas Poutine, a répondu Donald Trump aux propos de l'ancienne Première dame, je n'ai jamais rencontré Poutine. Il n'est pas mon meilleur ami mais si les États-Unis en venaient à bien s'entendre avec la Russie, ce ne serait pas une mauvaise chose". L'idée que Poutine ait pu intervenir au profit de Trump paraît à ce stade, et sans preuves, exagérée.